
Tous les livres - novembre 2026

Un massacre en Kabylie : Algérie, 1956
Safia Kessas & Fabrice Riceputi (Préface Edwy Plenel)
Ce livre est le récit d'une enquête sur les événements tragiques qui se sont déroulés le 23 mai 1956 dans les villages d'Aït Soula, de Tazrouts et d'Agouni, en Kabylie. Ce jour-là, au petit matin, les militaires français font violemment irruption dans les villages. Les hommes sont séparés des femmes avant d'être exécutés. Environ soixante-quinze civils sont assassinés. Plus de deux cents femmes sont rassemblées de force à la mosquée, contraintes à se dénuder sous la menace des armes. Des viols collectifs sont commis.
Safia Kessas et Fabrice Riceputi ont arpenté les villages de Kabylie, écouté les derniers témoins, confronté les versions officielles aux récits des survivants et des survivantes. Leur investigation révèle comment un massacre prémédité a été maquillé en simple " accrochage avec des rebelles ", comment les femmes ont dû porter le poids d'humiliations indicibles, comment la violence coloniale a fracturé durablement la transmission mémorielle.
Ce livre est aussi un geste politique : celui d'une génération qui refuse que les morts soient enterrés une seconde fois par le silence ou le déni. À l'heure où la France peine encore à regarder en face son passé algérien, ce livre s'impose comme une contribution majeure à la décolonisation des mémoires.
Ce qui distingue ce livre des histoires du massacre qui existaient dans la mémoire locale, c’est la façon dont il a été construit : archives, témoignages des soldats français, histoire orale en Kabylie, mais aussi des outils moins conventionnels comme les forums d’anciens combattants sur internet.

Le secret de Zahra
Une autre histoire de l’Algérie coloniale
Jade Azzoug Montané
« Skout », se taire, c’est ce que répétait régulièrement sa mère dans son arabe dialectal. Quand elle lui raconte son secret avant de mourir, ses humiliations, son déplacement forcé à 14 ans dans un camp de regroupement, après avoir vu son village en feu, sa maison, le bétail et les terres de ses parents brûlés par l’armée française pendant la guerre d’Algérie, Jade Azzoug décide d’affronter un passé qu’elle n’a pas cherché à connaître et que ses parents s’étaient attachés à taire pour la préserver.
Une épopée tardive dans l’histoire coloniale algérienne, à contre-courant de ce qu’elle s’était promis à 5 ans, à la suite de sa première expérience raciste : devenir invisible. La force qu’il lui a fallu pour gommer son identité de fille d’immigrés, elle l’a mise, à travers l’histoire de sa famille, des Algériens en général, au service de l’appropriation de ses racines algériennes, poussée rationnellement par sa formation d’historienne et émotionnellement par un devoir de mémoire.
Son chemin est désormais tracé. Elle s’y engage sans crainte ni certitude : remonter à la source est-il le meilleur moyen d’atteindre l’océan ?




