Ginette Kolinka 1925 - 20


Née Ginette Cherkasky le 4 février 1925 à Paris.

Son père, Léon Cherkasky, d’origine ukrainienne est également né à Paris le 10 août 1883.

Arrêtée en 1944, elle est déportée à l'âge de 19 ans au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau avec son père et son jeune frère, qui y seront assassinés dès leur arrivée.

En mai 2019, elle publie son premier livre de témoignage de rescapée des camps, intitulé "Retour à Birkenau", coécrit avec la journaliste Marion Ruggeri.

Lors des élections 2024, elle s'oppose à Serge Klarsfeld qui déclare que s'il était confronté à un duel entre LFI et le RN, il voterait, « sans hésitation », pour le candidat RN.

Des livres


Retour de Birkenau


Ginette Kolinka (avec Marion Ruggieri)


"Moi-même je le raconte, je le vois, et je me dis c'est pas possible d'avoir survécu..."
Arrêtée par la Gestapo en mars 1944 à Avignon avec son père, son petit-frère de douze ans et son neveu, Ginette Kolinka est déportée à Auschwitz-Birkenau : elle sera seule à en revenir, après avoir été transférée à Bergen-Belsen, Raguhn et Theresienstadt. Dans ce convoi du printemps 1944 se trouvaient deux jeunes filles dont elle devint amie, plus tard : Simone Veil et Marceline Rosenberg, pas encore Loridan – Ivens.
Aujourd’hui, à son tour, Ginette Kolinka raconte ce qu’elle a vu et connu dans les camps d’extermination. Ce à quoi elle a survécu. Les coups, la faim, le froid. La haine. Les mots. Le corps et la nudité. Les toilettes de ciment et de terre battue. La cruauté. Parfois, la fraternité. La robe que lui offrit Simone et qui la sauva. Que tous, nous sachions, non pas tout de ce qui fut à Birkenau, mais assez pour ne jamais oublier ; pour ne pas cesser d’y croire, même si Ginette Kolinka, à presque 94 ans, raconte en fermant les yeux et se demande encore et encore comment elle a pu survivre à "ça"...



Une vie heureuse


Ginette Kolinka (avec Marion Ruggieri)


Ginette Kolinka, qui va fêter ses 98 ans, habite le même appartement depuis qu’elle a dix ans.
Elle a toujours vécu là, rue Jean-Pierre Timbaud, au cœur de Paris, à l’exception de trois ans : de 1942 à 1945.
Cet appartement, c’est sa vie qui défile devant nos yeux. Il y a les portraits de ceux qui ne sont pas revenus de Birkenau : son père, son petit frère, son neveu.
Les disques d’or de son fils unique, Richard, batteur du groupe Téléphone.
Les photos de ses cinq sœurs, Ginette est la cadette, des petits-enfants, des arrière-petits-enfants.
Les dessins des écoliers, à qui elle raconte désormais son histoire, tous les jours, aux quatre coins de la France.
Et même les meubles qu’ont laissés les « collabos ».
Ginette nous fait la visite.
On traverse le temps : l’atelier de confection de son père, la guerre, ce mari adorable et blagueur. Les marchés, qui l’ont sauvée. Et les camps qui affleurent à chaque page, à chaque pas.
Mais Ginette, c’est la vie ! Le grand présent. « On me demande pourquoi je souris tout le temps, mais parce que j’ai tout pour être heureuse ! »



Ginette Kolinnka, contre la haine


Ginette Kolinka (dessins Catel Muller)


Le témoignage inédit d’une survivante de la Shoah.

À 19 ans, Ginette est arrachée à sa vie pour être déportée avec son père, son frère et son neveu, à Auschwitz-Birkenau. Elle seule en revient.

Longtemps elle se tait. Mais après 45 ans de silence, elle décide de dire, raconter, transmettre. Dans ce livre sous forme d’entretiens (réalisés avec mes filles Julie et Line Scheibling), elle donne à entendre, d’une voix dont la clarté est bouleversante, son témoignage.

Elle m’a demandé d’y ajouter des dessins pour représenter « l’immontrable », pour fixer des images inexistantes… J’ai tenté d’y répondre par des illustrations d’une simplicité graphique en noir et blanc, à la manière de la gravure sur bois. Le récit évoque non seulement la déportation et les souffrances mais aussi les poisons toujours présents : le racisme , l’antisémitisme , le négationnisme, l’intolérance… Il ne s’agit pas d’une leçon d’histoire figée mais d’une réflexion contre la haine et son mécanisme. La mémoire n’appartient pas au passé, elle engage notre présent et notre avenir.




Une vidéo de

ARTE


Vidéos - Radio


Ginette Kolinka, rescapée d'Auschwitz, ne croit pas "que l'extrême droite" puisse "défendre" les Juifs


Le mercredi 19 juin 2024 sur Radio France


Alors que Serge Klarsfeld, défenseur historique de la cause des déportés juifs de France, a déclaré qu'il voterait pour le RN en cas de duel avec le Nouveau Front populaire, Ginette Kolinka, rescapée d'Auschwitz-Birkenau, confie son inquiétude face à la montée de l'extrême droite en France.

"Je ne comprends pas sa réaction. Quand tu vois Klarsfeld qui se met d'accord avec eux, là tu te dis qu'il y a quelque chose qui ne va plus. Si même les juifs se mettent du côté de l'extrême droite, on n'en finira jamais", réagit, mercredi 19 juin 2024 sur franceInfo, Ginette Kolinka, rescapée d'Auschwitz-Birkenau, après la prise de position de Serge Klarsfeld sur son vote aux législatives. L'historien et avocat, grand défenseur de la cause des déportés juifs de France, a annoncé, samedi 15 juin, qu'en cas de duel avec la gauche alliée à l'extrême gauche, il voterait pour le Rassemblement national, qui a "fait sa mue" et qui "soutient les juifs". Concernant ce soutien aux juifs, Ginette Kolinka estime que "peut-être qu'ils le font en parole pour avoir les voix de notre corporation mais une fois qu'il aura les voix, qu'est-ce qu'il fera ? On n'arrive pas à croire que l'extrême droite arrive à nous défendre", s'étonne-t-elle ...



Ginette, Richard et Mathis Kolinka


Une émission sur France Inter, le 01/08/2026


Comment Ginette Kolinka a-t-elle transmis l'indicible à son fils Richard et à son petit-fils Mathis ? Et comment ont-ils construit leur mémoire pour en faire un combat du présent contre la haine ?

C'est une photo de famille sur trois générations, et une histoire de mémoire… Celle de Ginette la grand-mère rescapée des camps de concentration et d'extermination nazis. Celle de Richard, le fils, batteur de l'un des plus grands groupes de rock français, Téléphone. Celle de Mathis enfin, le petit-fils, ingénieur du son qui transmet à son tour la mémoire de sa mamouchka.

Il a fallu un demi-siècle à Ginette pour commencer à raconter et pour formuler aussi certaines réponses aux questions que son fils se posait. Et puis il y a eu en 2013 ce "voyage" à Birkenau où Ginette a emmené sa famille dans les pays des disparus, ceux de sa famille qui ne sont jamais revenus ... Depuis, Ginette ne cesse de témoigner, dans des livres, dans les médias, et surtout dans les collèges et les lycées.

Mais comment ces trois générations de Kolinka ont construit leur mémoire ? Comment en ont-ils fait un combat du présent contre la haine ? On a la chance de pouvoir leur poser la question, ici aux Invalides, où vit Ginette, et où ils nous reçoivent, en famille.