Philippe Lejeune  1938 -


Universitaire, co-fondateur en 1992, avec Chaveyriat-Dumoulin, de l’Association pour l’autobiographie et le patrimoine autobiographique (APA)


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Le pacte autobiographique


Point de croisement d’interrogations multiples, l’autobiographie se présente d’abord comme un texte littéraire. Philippe Lejeune met au premier plan le mécanisme textuel qui produit l’œuvre et examine le statut de la notion de genre en général. Une écoute analytique vient transformer et enrichir l’appareil de la poétique.


Réflexion théorique, ce livre est aussi un travail de lecture, où Rousseau côtoie Leiris, et Gide, Sartre : « Le choix des textes s’explique par “le désir critique” de l’interprète. […] L’interprétation délibérée, comme la lecture naïve, est un processus de transformation de texte. J’ai voulu que cette transformation se fasse en toute clarté, sans dissimuler le jeu ni le plaisir de l’interprète : c’est manière de le contrôler, d’éviter qu’il ne tourne au “bon” plaisir, c’est-à-dire à l’arbitraire. »



Signes de vie -  Le pacte autobiographique 2


Trente ans après la publication du Pacte autobiographique, Philippe Lejeune estime le moment venu de faire le point sur ses recherches pour marquer les scansions d'un travail passionné, noter les accords ou parfois les désaccords avec ce que furent ses convictions.
Loin de se limiter à l'autobiographie et aux chefs-d'oeuvre de la littérature, l'auteur a élargi son champ : il passe en effet à l'analyse des journaux personnels et de toutes les formes repérables par lesquelles un sujet fait signe de sa présence à soi et aux autres.
Ce retour sur soi lui permet d'éclairer le lecteur sur les raisons d'être de ses diverses étapes ou échappées ponctuelles et sur les activités qui découlent de sa recherche, comme la création de l'Association pour l'autobiographie.
Signes de vie est un essai autobiographique : usage de la première personne, retour réflexif, trajet personnel du chercheur.



Ecrire sa vie


L’auteur du célèbre Pacte autobiographique explique son itinéraire et décrit avec passion l’aventure collective de l’Association pour l’autobiographie et le Patrimoine Autobiographique (APA) qu’il a fondée il y a 30 ans.


Dans ce nouvel opus, l’auteur du Pacte autobiographique rassemble cinq textes illustrés par un cahier de photos qui retracent, de façon synthétique et accessible au plus grand nombre, une vie de passion au service de l’écriture de soi. Si Philippe Lejeune a commencé par travailler sur la génétique d’écrivains célèbres comme Sartre, Leiris ou Perec, il est progressivement tombé amoureux des « écritures ordinaires ».

Il ne se contente pas d’être le théoricien de l’écriture de soi (de l’autobiographie au journal intime, aux mémoires ou à l’autofiction), mais décide de passer à l’action directe en fondant en 1992 un formidable centre d’archives autobiographiques (Association pour l’autobiographie et le Patrimoine Autobiographique, APA). Dans ce centre, abrité à Ambérieu-en-Bugey, près de Lyon, des milliers de textes déposés par des inconnus sont accueillis, recensés, analysés et offerts à la consultation. Un trésor pour les historiens et sociologues d’aujourd’hui et de demain.



« Adieu, ma pauvre guerre »


Le journal inédit de Philippe Lejeune sur les carnets personnels d’André Pézard, son oncle et parrain, auteur du livre culte sur la Grande guerre, Nous autres à Vauquois.


Salué comme un chef-d’œuvre et plusieurs fois réédité, Nous autres à Vauquois, 1915-1916, d’André Pézard, est un témoignage sur la Grande Guerre parmi les plus forts et les plus émouvants. Mais personne ne connaissait l’ensemble des archives et carnets de tranchées de l’auteur à l’origine du livre, à l’exception de… Philippe Lejeune qui a mené l’enquête avec passion. « J’ai voulu raconter ici une double histoire, explique-t-il, d’abord celle de l’écriture même du livre, étude “génétique” du travail de l’écrivain, mais aussi l’aventure personnelle que fut pour moi l’exploration du fonds André Pézard aux Archives nationales. André Pézard était mon parrain, cousin germain de ma mère, homme impressionnant, grand spécialiste de Dante. Je suis allé l’interviewer sur notre histoire familiale commune en 1981, sans dire un mot de sa guerre, et sans l’interroger sur Nous autres à Vauquois, que je n’avais pas lu ! Mon journal raconte ma tardive conversion, mon coup de foudre, puis la découverte progressive des carnets, brouillons et correspondances émergeant des cartons, l’éblouissement devant son art, mais surtout l’attendrissement devant la pratique de la valeur suprême révélée par la guerre : l’amitié. »

Ce « remords » de Philippe Lejeune, qui consacre sa vie de chercheur à l’autobiographie, à la génétique et aux écritures ordinaires, donne naissance à un de ses livres les plus personnels, exploration sensible et vertigineuse. Il enthousiasmera ses fidèles, ainsi que les historiens et passionnés d’archives et d’écriture de soi.



Evadés - Récits de prisonniers de guerre 1940-1943


Sept récits d’évasion de soldats français, prisonniers en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale. Ces récits autobiographiques inédits proviennent des archives de l’Association pour l’autobiographie (APA).


Pourquoi un prisonnier de guerre est-il fier de raconter l’histoire de son évasion ? Parce qu’il échappe au sort collectif et retrouve une destinée individuelle. Parce qu’il refuse la passivité et retrouve l’action (pas forcément la liberté, certes, s’il a échoué, mais dans les deux cas, il a agi). Parce qu’il est le héros d’une aventure personnelle au milieu de la folie collective. Mais aussi parce qu’il devient un exemple d’héroïsme militaire sans attenter à la vie de personne. C’est une des rares circonstances de la vie où la transgression est un mérite.
Explorant les fonds de l’Association pour l’autobiographie et le Patrimoine Autobiographique (APA) concernant la Seconde Guerre mondiale, j’ai été fasciné par la récurrence de ce micro-genre littéraire : les récits d’évasion de prisonniers de guerre. Ce sont des thrillers. Et le plus souvent des contes de fées : on rentre sain et sauf à la maison. Ce qui fut si difficile à vivre devient agréable à raconter. « Pendant les veillées d’hiver, nous sollicitions notre père afin qu’il nous raconte son évasion, ce qu’il faisait aisément, avec modestie, écrit Étienne Gallien en présentant le récit de son père. C’était le mythe familial qui alimentait notre imaginaire, notre père avait une “histoire” qui le singularisait ».
On trouvera ici une anthologie représentative, tirée de sept récits d’évasion, avec, in fine, un inventaire rapide traçant une vue cavalière à travers le fonds de l’APA.



Ecrire sa vie - Conférence de Philippe Lejeune (juin2020)

 

Des articles à propos de Philippe Lejeune et son oeuvre


  1. Philippe Lejeune : « La faute à Rousseau » : Annette Wieviorka dans L’HISTOIRE n° 434 - daté avril 2017 >>>
  2. Philippe Lejeune: le récit de soi, c'est lui : Jean-Louis Jeannelle (Spécialiste des études littéraires et collaborateur du « Monde des livres ») – Le Monde du 02/05/2013  >>>
  3. Leçon d’autobiographie : Un article paru dans EN ATTENDANT NADEAU, le 21 mai 2024  >>>