George Sand 1804 - 1876


Malgré la misogynie de nombreux détracteurs comme Charles Baudelaire ou Jules Barbey d'Aurevilly George Sand contribue activement à la vie intellectuelle de son époque, accueillant au domaine de Nohant ou à Palaiseau des personnalités aussi différentes que Franz Liszt, Frédéric Chopin, Marie d'Agoult, Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Eugène Delacroix, Henri Chapu, conseillant les uns, encourageant les autres. Elle a entretenu une importante correspondance avec Victor Hugo bien que ces deux grandes personnalités ne se soient jamais rencontrées.

Elle s'est aussi illustrée par un engagement politique actif à partir de 1848, inspirant Alexandre Ledru-Rollin, participant au lancement de trois journaux : La Cause du peuple, Le Bulletin de la République, L'Éclaireur, plaidant auprès de Napoléon III la cause de condamnés, notamment celle de Victor Hugo dont elle admirait l'œuvre et dont elle a tenté d'obtenir la grâce après avoir éclipsé Notre-Dame de Paris avec Indiana, son premier roman. En revanche la Commune de Paris a engendré chez George Sand consternation et réprobation ...  Tout en reconnaissant que la presse favorable à Versailles comporte des mensonges et des exagérations, elle n’en conclut pas moins de façon péremptoire :

« C’est une émeute de fous et d’imbéciles mêlés de bandits. » L’épithète d’« ignobles » sera fréquemment appliquée aux hommes, aux décisions, aux épisodes de la Commune tant avant qu’après la proclamation officielle du pouvoir parisien le 26 mars.



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George Sand à Nohant



2026, commémoration

des 150 ans de la disparition

de George Sand


George Sand - Une femme d'aujourd'hui


Jean Chalon


Née en 1804, George Sand est en 2004 la plus jeune de nos contemporaines. C'est une vraie femme d'aujourd'hui. Elle a vécu en plein XIXesiècle comme on vit maintenant au XXIe.

Dans sa vie comme dans son oeuvre qui en est l'exact reflet, George Sand donne l'exemple de la liberté dans tous les domaines. Ecologiste avant l'heure, elle lutte pour la protection des arbres et prédit que « la planète périra par déforestation ». Enfin, aux approches de la soixantaine, elle s'enchante des bienfaits de la vieillesse : Sand ou le triomphe d'un troisième âge sachant aimer jusqu'au dernier soupir, lequel ne peut être qu'un soupir d'amour !



Oeuvres autobiographiques (en 2 volumes)


Dans La Pléiade


«Il y a beaucoup à cueillir dans cette œuvre trop longtemps négligée. Les pages de synthèse dans lesquelles George Sand brosse à grands traits le visage et les transformations de son siècle sont pleines d' aperçus profonds et dignes d'un historien. L'évocation des guerres de la Révolution et de l'Empire, la peinture de la vie des camps, où s'intercalent en contraste les croquis amusants des intrigues de la Cour et des salons, nous conduisent de Cologne à Marengo, du camp de Boulogne à Austerlitz, dans une odeur de poudre et un cliquetis de sabres qui restituent à merveille l'atmosphère de ces temps héroïques, où toute l'Europe vibrait du galop de nos armées. On voit à nu l'évolution d'une jeune âme, au moment où l'adolescence se pose tant de questions, oscillant entre la foi et le doute, cherchant désespérément et n'obtenant pas de réponse ; et peut-être ne trouvera-t-on nulle part de plus pénétrante description clinique du mal du siècle.
Tout cela se mêle de tableaux délicieux, d'anecdotes charmantes, de portraits vivants et pittoresques, malicieux parfois, le tout dans un certain désordre dont on peut discuter s'il est l'effet ou la cause de l'art. Les pages sur Nohant, sur les romans entre quatre chaises, et les promenades à Chaillot, les chapitres sur la vie au couvent des Anglaises, le récit de la voiture perdue dans la brande, au chant des grenouilles : autant de morceaux qui ne s'oublient pas quand on les a lus une fois.» (Georges Lubin)



Romans (en 2 volumes)


Dans la Pléiade


839. «Le roi des romanciers modernes, c'est une femme», déclare Jules Janin, prince des critiques. Certes, il s'agit pour lui d'ôter sa couronne à Balzac, dont il n'a pas aimé Illusions perdues. Mais son admiration pour George Sand (car c'est elle, «le roi») est sincère, et partagée : par Balzac lui-même, puis par Flaubert, qui comparera son amie à un grand fleuve d'Amérique : «Énormité et Douceur.» Voilà ce que fut la romancière pour ses contemporains. On est loin de la considération réticente dont se contentera longtemps la postérité, avant que le vent ne tourne de nouveau, en faveur cette fois de l'œuvre, soutenue par une personnalité qui rayonna sur plusieurs scènes littéraire, politique, sociale.
Sand a publié plus de soixante-dix romans. Les quinze que voici ont été choisis pour leurs qualités propres et parce qu'ils illustrent ses différentes manières. Indiana, immense succès, est le premier qu'elle signe de son nom de plume. Le roman-poème de Lélia – révolte métaphysique et sexualité féminine en 1833 – fait scandale. Mauprat échappe aux qualificatifs ou les mérite tous : roman historique, familial, d'amour, d'aventures, noir, humanitaire, social... Pauline est un «roman de l'artiste», veine à laquelle appartient aussi, le diptyque constitué de Lucrezia Floriani et du Château des Désertes. Isidora surprend par sa modernité, forme et fond. Le triptyque champêtre, La Mare au Diable, François le Champi, La Petite Fadette, fait de Sand une pionnière de l'ethnographie et de l'ethnolinguistique, et de l'ethnomusicologie si l'on y ajoute Les Maîtres sonneurs. Dans Elle et lui passe l'ombre de Musset. (Pour celle de Chopin, voyez Lucrezia.) La Ville noire est un roman «industriel» à la fois réaliste et utopiste. Juste avant Voyage au centre de la Terre, Laura, voyage dans le cristal débusque le fantastique au cœur de la science. Nanon enfin récrit l'histoire de la Révolution en donnant la parole à une paysanne.
«Je fais des romans, parce que c'est une manière de vivre hors de moi», dit Sand, prompte à se glisser «dans la peau de [s]es bonshommes», comme elle appelle ses personnages. L'essentiel pour elle est dans le mouvement vers l'autre, quête inquiète et patiente ; ce qu'avait bien senti Janin, qui voyait en elle l'«un de ces grands esprits plein d'inquiétudes qui cherchent leur voie». Quadriller le monde social est nécessaire, non suffisant. Si le roman est un plaidoyer (pour les femmes, contre les lois du mariage, pour la justice...), le bon roman exige que soient mêlés «le réel et le poétique». Ainsi naît le romanesque, principe de liberté : c'est l'artiste qui crée le réel, «son réel à lui». Le roman chez Sand a un effet sur «l'emploi de la vie». De lumineuses figures de femmes y mènent un combat pour l'idéal. Vaste dessein. Flaubert (comme toujours) avait raison : énormité et douceur.



Correspondance


Vingt cinq volumes





 

George Sand - Nouvelles lettres retrouvées


Édition établie, annotée et présentée par Thierry Bodin 


Ces 406 nouvelles lettres retrouvées couvrent presque toute la vie de George Sand, depuis ses quinze ans jusqu’à ses derniers jours. La plupart, du court billet à la longue missive, sont entièrement inédites et viennent s’ajouter au corpus de sa volumineuse correspondance. D’autres, dont on ne connaissait que des extraits, sont ici publiées intégralement pour la première fois. 

Plus de 260 correspondants - dont une cinquantaine de nouveaux - sont représentés, des moins connus jusqu'aux plus illustres, comme Barbey d’Aurevilly, Hector Berlioz, Henri Heine, Nadar, Armand Barbès, Eugène Sue, Victor Hugo, Louis Blanc, Eugène Fromentin, Jules Favre, Pauline Viardot, la Taglion, ainsi que les plus divers : parents, familiers, éditeurs, journalistes et patrons de presse, acteurs et directeurs de théâtre, écrivains, artistes, hommes politiques, domestiques, fonctionnaires, commerçants, hommes d’affaires...

 

On retrouve dans ces pages retrouvées toute l'humanité et l'insatiable curiosité de l'écrivain, que l’on suit jusqu’à ses toutes dernières lettres, en mai 1876, quelques jours avant sa mort.



 

« George Sand, une vie en correspondance »


Le numéro 51 de la revue EPISTOLAIRE


"Nous rêvions depuis longtemps de consacrer un numéro à la correspondance de George Sand. C’est chose faite. Brigitte Diaz, qui connaît bien l’œuvre de la femme de lettres, a accepté de diriger ce dossier. Elle a rassemblé
les contributions de onze spécialistes de la correspondance de George Sand et a également réalisé un état de la question détaillé sur cette correspondance-monde. Nous parcourons ainsi l’univers des relations de l’épistolière avec les musiciens, les acteurs, les éditeurs, les écrivains qui lui sont contemporains.
Nous la découvrons également dans sa vie privée élaborant une originale définition de l’intime."








L'A.I.R.E

(Association interdisciplinaire

de recherches

sur l'épistolaire)

Entretien : Geneviève Haroche Bouzinac et Françoise Simonet-Tenant



Rencontre

avec les équipes de

EPISTOLAIRE


 

George Sand - La stature de la liberté


Hors-série de la revue LIRE


Sommaire

  1. Portrait : Sa vie, son œuvre. La romancière absolue.
  2. Une montagne de fictions : Ses combats : l'art et l'action, une métisse sociale engagée qui écrit pour le peuple. À l'aube du féminisme et le quotidien d'une créative...
  3. Sand et compagnie : George Sand, la femme-siècle : de la légende de son vivant au Panthéon.


Ce hors-série de 100 pages met en avant le génie littéraire de George Sand, sa grande personnalité, son Berry natal et ses amours passionnés. 

George Sand avait pris le pouvoir en faisant graviter autour d'elle Balzac, Flaubert, Chopin, Hugo, Musset et tant d'autres ! Une femme assurément puissante ! 

Témoignages : Alexandra Lapierre, Michelle Perrot, Jean-Yves Clément... 


Et en plus, le dossier : Madame Bovary : L'art de la prose et genèse d'un chef-d'œuvre...