
Mémoire espagnole
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Le Silence de grand-père - La guerre civile d'Espagne, de la révolution à l'exil
Antoine Nieto Sandoval
Nous voici témoins de terribles évènements : une révolution sociale sans précédent en Catalogne en 1936 pendant la guerre civile d’Espagne, un exode massif vers la France, un exil dans une France occupée, un retour en Espagne avec ses découvertes bouleversantes et d’actualité.
Des illustrations prolongent le texte, accompagnées de vers courts, parfois de citations. Réunies, ces illustrations forment la traditionnelle « Auca » catalane.
C’est un voyage initiatique de l’auteur vers ses origines familiales, un hommage rendu à son grand-père, parti un soir de noces.

Rue des femmes - L'exil espagnol en héritage
Rubi Scrive-Loyer
Une jeune femme revient sur un héritage façonné par l’exil espagnol. Elle déroule le récit d’une enfance protégée par une mère et une grand-mère, dont l’humour et le courage sont remparts parfumés contre toutes les agressions. Les souvenirs drôles ou douloureux racontent que pour vivre à moindre douleur elle doit s’installer « à la frontière » de deux pays, de deux langues…
Entre autobiographie, chant de l’exil et méditation sur la mémoire, Rue des femmes est un texte indocile, profondément féminin, qui revisite les traumatismes familiaux, les éveils du corps et l’insolence nécessaire pour survivre.

Les histoires de vies en Espagne - Entre formation, identité et mémoire
José Gonzalez Monteagudo
Cet ouvrage est précieux dans le sens où il donne à voir et rassemble des travaux qui montrent le dynamisme d'une recherche biographique espagnole très active. Dans une Espagne en plein essor intellectuel et politique depuis la sortie de la chape de plomb franquiste l'on sent ici, dans le présent ouvrage, la grande vitalité d'une recherche qualitative qui essaie de travailler à partir des sujets et des communautés, en articulant formation, réflexivité, identité et mémoire historique. L'on sent ici particulièrement aussi comment la recherche en histoires de vie dans le domaine de la formation des adultes articule étroitement la perspective sociologique et anthropologique ainsi que la littérature et l'histoire orale issue des témoignages.
Ce livre a l'objectif de faire connaître aux lecteurs francophones des travaux espagnols en matière d'approche biographique en éducation. Nous avons sélectionné dix auteurs au total qui reflètent la pluralité des profils et des perspectives des Histoires de vie en formation. Ces textes sont un échantillon des travaux menés en Espagne à partir des paradigmes autobiographiques.

Elles avaient fui Franco
Marie-José Nadal
Y a-t-il un intérêt à rendre compte, en 2024, de l’expérience de femmes qui ont fui l’Espagne au moment de la victoire de Franco en 1939? C'est à travers des récits de vie, des trajectoires de trois femmes, que ce livre entend contribuer à une compréhension toujours à renouveler du fascisme, des résistances au quotidien, des processus de violence. Ainsi, la première partie du livre met en perspective les récits en posant un cadre historique.
La deuxième présente le témoignage de trois femmes espagnoles qui avaient refusé la victoire du général Franco en 1939 et s’étaient réfugiées en France en l’absence de leur mari. Cette séparation était due au fait que la frontière entre la France et l’Espagne avait été ouverte aux civils et aux blessés à partir du 27 janvier 1939, alors qu’elle était restée fermée aux soldats de l’armée républicaine espagnole jusqu’au 5 février 1939.
Les trois narratrices, qui ont accepté de raconter leur vie à l'auteure, 50 ans après la défaite républicaine, étaient issues de familles dont les hommes avaient été des militants ou des sympathisants de partis politiques opposés au coup d’État nationaliste. Leur enfance et leur adolescence se sont passées à Barcelone, avec son lot de conflits sociaux et de répression. Leurs témoignages montrent comment des ouvrières ou des mères de famille des quartiers ouvriers se sont senties concernées par les idées nouvelles et par les changements politiques intervenus dès leur jeunesse.
L’imprégnation politique émanant du milieu familial et de la vie de quartier alimente le sentiment d’appartenir à une classe sociale qui lutte pour améliorer ses conditions de vie. Dès lors, les femmes n’hésitent pas à intervenir à leur manière dans leur quartier. Ce sont les petits gestes de solidarité ou de rejet, les échanges verbaux dans les magasins, les coopératives d’alimentation, les lavoirs publics ou le récit de leurs loisirs dans les centres communautaires, qui révèlent la constitution d’un espace politique qui ne s’exprime que lors d’événements particulièrement importants comme les grèves, la célébration de l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement républicain, la guerre ou l’exil.
Pour ces trois femmes, leur décision de quitter l’Espagne représente leur fidélité idéologique à leur condition de femmes du peuple, en même temps qu’elles se sont montrées solidaires des choix politiques de leur famille, de leur milieu social et de leurs époux impliqués dans la guerre civile.

Marcher dans tes pas
Léonor de Récondo
Elle s’appelle Enriqueta. Sa vie bascule le 18 août 1936, quand en quelques minutes elle doit fuir avec ses enfants la maison familiale d’Irún menacée par les franquistes. Sa terre, son quotidien, Enriqueta perd tout. Sa petite-fille, Léonor, naît française, loin du drame originel, et son aïeule ne sera pour elle qu’une figure austère brièvement croisée. Presque un siècle plus tard, en 2022, lorsqu’une loi espagnole permet aux descendants d’exilés politiques d’obtenir la nationalité perdue, Léonor décide d’entamer des démarches. Devenir franco-espagnole la questionne sur sa filiation. Qu’a-t-elle reçu, que veut-elle transmettre ? Pourquoi tourner et retourner une terre emplie de fantômes ? Tissant bribes de conversations, souvenirs d’enfance et regard poétique, Léonor de Récondo se fraie un chemin vers celles et ceux que la guerre civile a voulu effacer. Elle rend aux disparus leur voix, et à Enriqueta son mystère. La littérature ou le pays retrouvé, territoire de l’amour.

Les combattantes - l'histoire oubliée des miliciennes antifascistes dans la guerre d'Espagne
Livre de Berger Gonzalo et Balló Tània
Les protagonistes de ces récits sont des femmes qui, venues de partout dans l’État espagnol et d’ailleurs, décidèrent d’affronter les armes à la main les militaires qui s’étaient soulevés avec Franco en 1936. Leur participation comme combattantes dans la lutte contre le fascisme fut essentielle dans la stratégie guerrière du camp républicain. Mais, au fur et à mesure que la guerre avançait, elles furent renvoyées à des tâches d’arrière-garde, allant jusqu’à discréditer leur rôle de miliciennes. Et l’histoire les oublia.
Mais qui étaient ces combattantes? Sur quels fronts se sont-elles battues? Comment ont-elles été retirées du front ? Qu’est-ce qu’elles ont fait ensuite, jusqu’à la défaite de 1939 ? Et après?
La recherche pour tenter de reconstruire leurs biographies et retrouver le rôle de ces femmes dans ces événements historiques servira de fil rouge pour retracer la guerre d’Espagne dans une perspective de genre.
«Elles étaient nombreuses. Des femmes venues de partout, de tous les âges et de toutes les classes sociales. Des femmes qui, avec l’élan que leur accordait une ferme conscience idéologique et politique, avaient choisi de défendre la démocratie et la liberté.»

Ma guerre d'Espagne à moi
Livre de Mika Etchebéhère (réédition en poche en 2021)
Une femme à la tête d’une colonne au combat.
C’est l’un des textes les plus forts sur la guerre d’Espagne, écrit par Mika Etchebéhère (1902‐1992), une internationaliste argentine francophile qui dirigea une colonne du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM) en 1936‐1937. On y croise des révolutionnaires antistaliniens, des anarcho‐ syndicalistes, des marxistes hétérodoxes, tous habité·es par la conviction d’imminents lendemains qui chantent. Ce livre porte la parole rare d’une femme au combat. À nos yeux, un chef‐d’œuvre.
« Je suis incapable de trouver une autre occupation que celle de me faire tuer. Je n’ai pas, comme les miliciens, le droit de traîner dans les bars pour écourter les jours et les nuits sans combats. Mon statut de femme sans peur et sans reproche, de femme à part, me l’interdit. Mes convictions personnelles aussi me l’interdisent. Alors il ne me reste qu’à me plonger dans le manuel de formation militaire que j’essaie d’apprendre par cœur... »

La Retirada en héritage ? Pérégrinations dans les mémoires de l’exil des républicains espagnols
Jean-François Noël
Quatre-vingt-cinq ans après la défaite de leur camp dans la guerre civile (1936-1939) et l’exode ou la Retirada, que savent de leur histoire celles et ceux qui descendent des plus de cent mille républicains espagnols qui ont (re)construit leur vie en France ? Comment cette mémoire, quand elle existe, a-t-elle été préservée ? Quelles valeurs, quels idéaux ont-ils été transmis ? Comment ces descendants « de rouges dangereux », « d’indésirables », sont-ils devenus l’une des composantes de la société française ?
Photographe, Jean-François Noël a éprouvé le besoin « d’aller voir » et de ressentir comment la mémoire de l’exil et du terrible exode de ces hommes, femmes et enfants, s’inscrit – ou non – dans les paysages. Que reste-t-il de la Retirada sur les plages du Roussillon, les sites des camps, dans des villes et villages situés loin des Pyrénées ? Et de l’autre côté de la frontière ?
Entre images et récits, l’auteur conduit le lecteur sur les chemins escarpés et les lieux de l’exil républicain, tels qu’on peut les voir aujourd’hui, ainsi que sur les routes sinueuses de la mémoire. L’invitant – comme l’écrit Verónica Estay Stange dans sa préface – à s'accrocher aux « presque rien » qui nous relient à ces hommes et femmes qui franchirent les Pyrénées avec leur liberté pour tout bagage.

Le camp des oubliés - Argelès-sur-Mer Février 1939
Barbara Bordes
En février 1939, les franquistes, vainqueurs des républicains, signaient sous l’œil attentiste des capitales européennes une funeste victoire. Avec la chute de la Deuxième République espagnole se terminait le premier acte de la Seconde Guerre mondiale. Les régimes fascistes marquaient déjà de leur empreinte toute l’Europe.
Commençait aussi l’exil de milliers de républicains espagnols. Ils franchissaient la frontière entre l’Espagne et la France, à hauteur du Perthus, de Cerbère ou du col d’Ares.
José marchait ainsi au côté de ses compagnons d’armes qui fuyaient l’Espagne. Tous ignoraient encore l’issue de ce chemin qui les mènerait vers des camps installés à la hâte par le gouvernement français sur les plages du Barcarès, de Saint-Cyprien ou d’Argelès-sur-Mer.
En accompagnant les pas de José, acteur et témoin de cette tragédie, le lecteur découvre les contraintes, les humiliations et l’asservissement que subissent au quotidien ces femmes, ces enfants et ces hommes. Jour après jour, José affronte courageusement ce combat pour la survie. Certes, subsiste le secret espoir de lendemains plus cléments, à condition qu’il reste en vie !
Dans ce roman historique, Barbara Bordes raconte, avec précision et sensibilité, la sordide réalité du « Camp des oubliés »

La Boîte rouge
Livre de Antoni Campaña
L’œuvre d’Antoni Campañà n’est pas inconnue du grand public puisqu'il fut un des représentants du courant pictorialiste, et agit comme photographe pour des revues, auteur de cartes postales, photo-reporter, photographe de sport aussi. Son œuvre, réputée et estimée, est analysée dans de nombreuses études sur la photographie espagnole. Elle est aussi visible aussi dans la collection permanente du Musée National d’Art de Catalogne. Cet ouvrage dévoile pour la première fois les archives du photographe catalan consacrées à la guerre civile. Des archives cachées, découvertes après sa mort par ses enfants dans des boîtes rouges remisées dans le garage de sa dernière demeure qui allait être démolie. 80 ans plus tard, donc, pas moins de 5000 images, tirées ou sur négatifs, retrouvent la lumière. Chaque photographie présentée ici est expliquée et contextualisée. La Catalogne en guerre est le cœur du livre : un reportage d’une force inouïe, saisi sur le vif. Mais Antoni Campañà, républicain, démocrate et croyant, amoureux de son pays et de ses traditions, chronique aussi la vie quotidienne, à la ville et aux champs, les fêtes, qu’elles soient religieuses ou folkloriques, avec un fort accent catalan. En contrepoint, il offre aussi une vue sur le joug de la dictature en marche avec l’entrée des troupes franquistes à Barcelone : un impressionnant document qui montre les blessures externes et les brisures internes de son pays. Une édition conçue par le journaliste Plàcid Garcia-Planas, l’historien Arnau Gonzàlez Vilalta et le photographe David Ramos.

Les Républicains espagnols de Buenos Aires. Fraternités - Souvenirs d'enfance
Carmen Munoz Bernand & Tonica Munoz Malajovich
Carmen Bernand, anthropologue et historienne, délaissant ses outils conceptuels, a choisi ici la voie de la transmission sensible pour privilégier en elle les souvenirs de l’enfant débarquée le 5 novembre 1939 à Buenos Aires, avec ses parents, d’un paquebot français, le Massilia, et faire entendre la voix de sa sœur, Tonica, née cinq ans plus tard en terre argentine.
Guerre civile, défaite de la République, mort de proches et perte de leur patrie, Gori et Maricarmen ont vu leurs projets s’effondrer et la nostalgie les tenaille. À Buenos Aires cependant, autour du couple, un monde de générosité, de solidarités et de tolérance se reconstitue. Personnalités connues – Neruda, Alberti –, ou promises à la célébrité – Eva Duarte –, compagnons de toutes les Espagnes, de France et d’ailleurs, représentants d’une Babel populaire pleine de vie accompagnent les apprentissages des enfants, Carmen et Tonica.
Portés par une plume alerte, de solides convictions et un humour tonique et réjouissant, ces épisodes embarquent le lecteur au sein de la « tribu des Nocturnos » où prédominent la politique, l’art et la littérature, et dont le quotidien est mis en scène dans toutes ses couleurs et ses accents.
Aujourd’hui, depuis Paris et Rio, les deux sœurs disent l’essentiel : elles ont grandi entourées de gens de bien.

Quatre garçons dans la guerre d'Espagne 1936-1939
Ruth Rewald
Entre 1936 et 1939, sur fond de combats entre les milices républicaines, appuyées par les brigades internationales, et l’armée fasciste de Franco, soutenue par Mussolini et Hitler, quatre jeunes Espagnols, entre 10 et 13 ans, résistent avec courage à l’oppression d’un régime fondé sur la terreur et la destruction. Ils choisissent de combattre pour la liberté, l’égalité et l’éducation.
Ce roman sur la guerre d’Espagne dans laquelle sont embarqués malgré eux les enfants est une invite à réfléchir aux dégâts directs et collatéraux des ambitions bellicistes, à l’ambivalence de certaines formes de résistance, aux différentes voies pour défendre un idéal. À une époque où la guerre, à la fois réalité et menace, bouleverse les équilibres de paix, ce livre, comme tous ceux de Ruth Rewald, trouve un écho dans les préoccupations des jeunes et des adultes d’aujourd’hui.
À partir de 12 ans

Mille vies de plus
BD de Pepe Gàlvez & Alfonso Lopez
Miguel Nunez fut un résistant au franquisme, il connut de longues années de détention, la torture et la clandestinité. Il a su comme peu témoigner et raconter cette vie et cette histoire. Le scénariste Pepe Galvez, lui aussi rescapé des geôles franquistes et le dessinateur Alfonso Lopez (Terrain vague chez Hachette comics et Une vie de saint chez Fluide glacial) ont initialement conçu cette oeuvre comme un présent à leur ami Miguel alors qu'il vivait ses derniers jours.
L'enthousiasme qu'il manifesta, les a conduits à publier une version alternant texte et bande dessinées. Contre toute attente, le livre obtiendra le prix national de la culture en Catalogne. Cette nouvelle version comporte 38 planches inédites pour l’édition française.

Mémoire retrouvée des Républicains espagnols
Gabrielle Garcia
Cet ouvrage est le résultat d'un travail de collecte de la mémoire de combattants républicains exilés pendant la guerre civile et restés depuis en Bretagne. Dans la première partie, Gabrielle Garcia interroge les acteurs de la République. De sensibilités politiques différentes, ils parlent de leur engagement en Espagne et de leur arrivée sur le sol français. Ils évoquent la poursuite de leur combat pour la liberté, dans un pays étranger, parfois hostile. La seconde partie rapporte les entretiens entre Isabelle Matas et les enfants des vaincus. Gabrielle Garcia et Isabelle Matas sont des filles de combattants républicains exilés en France lors de la Retirada, en 1939.

Camps d’étrangers - Le contrôle des réfugiés venus d'Espagne (1939-1944)
Gregory Tuban
Au début de l'année 1939, la guerre d'Espagne touche à sa fin. Après la rupture du front de Catalogne, près d'un demi-million de réfugiés venus d'Espagne entrent en France par les Pyrénées-Orientales en à peine deux semaines. Ils sont officiers et soldats de l'armée républicaine, brigadistes, paysans, ouvriers, intellectuels et artistes, espagnols ou internationaux. A leur arrivée, ils sont placés dans des camps du sud de la France où ils sont identifiés et comptabilisés par les services de la Sûreté nationale.
Derrière les barbelés de la plage à Argelès-sur-Mer, au camp disciplinaire "spécial" de Collioure, dans les baraques du camp du Vernet, s'entassent les réfugiés de cet exode massif que l'on appelle la Retirada. Ils sont les premiers étrangers à subir collectivement des mesures coercitives de contrôle, d'internement et d'exclusion. Ils sont les "indésirables". Cet ouvrage analyse le rôle trop peu connu de la IIIe République et des services de police dans l'établissement et le maintien des camps, qui seront repris par le régime de Vichy.
Cet ouvrage analyse le rôle trop peu connu de la IIIème République et des services de police dans l’établissement et le maintien des camps, qui seront repris par le régime de Vichy. Grâce à des archives inédites, l’auteur retrace et détaille le parcours de nombre de ces réfugiés, ces « espagnols rouges » dont plus de 10 000 furent déportés en Allemagne.

Viva la Republica : Mémoires d'un couple de républicains espagnols
Vicente Angéles Ortiz-Lopez
" L'histoire est à un pays ce que la mémoire est à un peuple, et un pays avec une histoire et sans mémoire demeure orphelin ". Un couple de républicains espagnols témoigne d'un impossible oubli. Cet ouvrage veut raviver la lumière d'un passé que la dictature du Général Franco avait réduit au silence. Un silence de la mémoire qui s'est perpétué d'une génération à l'autre en Espagne et que la période de transition démocratique n'a pas brisé. Vingt ans après, des voix commencent à se faire entendre. Les auteurs livrent le récit de ce que fut leur existence en Espagne sous la Seconde République (1931), pendant la guerre civile (1936-1939) et sous la dictature franquiste. Le désir de transmettre, de faire connaître leur expérience aux générations à veni, les incite à écrire leurs mémoires. Sans rancur, dans un langage simple et vivant qui retrace la vie de tous les jours, ils racontent comment ils défendaient la liberté, les valeurs de la démocratie et les couleurs de la République, ce qui les mena à l'exil en France en 1948.

Mémoires d'un réfugié espagnol
Ramon Vilalta
« Mémoires d’un réfugié espagnol » est un itinéraire personnel, sensible et drôle, qui côtoie les episodes tragiques du vingtième siècle.
Ramon Vilalta fait revivre des personnages attachants, des évènements cruciaux, l’avènement de la seconde république espagnole, ses joies et ses espoirs, le putsch de 1936, la guerre civile et l'exil douloureux de centaines de milliers d'espagnols.
France, 1943, Ramon Vilalta rejoint la Résistance comme FTP.
La paix revenue, une autre vie commence, passionnée, engagée. Communiste militant, puis communiste déçu, Ramon dessine ses espoirs, ses réflexions et le sujet de l’indépendantisme catalan.
De 1922 à 2020, ces « Mémoires » sont un témoignage vivant qui traverse le temps.

L'Exil des républicains espagnols en France
Geneviève Dreyfus-Armand
Pendant et après la Guerre civile (1936-1939), conflit particulièrement meurtrier, des centaines de milliers d'Espagnols - hommes, femmes et enfants - franchirent les Pyrénées et cherchèrent refuge en France. Plus du tiers d'entre eux devait y demeurer.
Geneviève Dreyfus-Armand retrace dans cet ouvrage novateur le long chemin parcouru par les combattants républicains depuis leur arrivée sur le sol français - souvent dans des camps d'internement jusqu'à la mort de Franco en 1975 et leur installation parfois définitive sur cette terre d'accueil. Restituant les étapes de ce qui fut une grande aventure humaine, elle évoque le combat mené par les partisans de la République, loin de leur pays, dans une France parfois hostile. Combat pour la liberté qui dut attendre plus de trente ans pour trouver son accomplissement.

L'exil des enfants de la guerre d'Espagne - (1936-1939) - La maison des géraniums
Emilia Labajos Perez
Entre 1936 et 1939, la guerre d'Espagne a provoqué l'évacuation forcée de plus de trente mille enfants qui furent accueillis dans d'autres pays. L'auteur, une de ces ""ninos de la guerra"", nous conte en toute simplicité ses souvenirs de petite fille, son périple durant le début du conflit et son accueil final en Belgique. Dix ans plus tard, elle retrouve avec désenchantement une Espagne qu'elle ne reconnaît plus. Elle joint à son témoignage celui de compagnons de route qui, comme elle, refusent que l'exil qu'ils ont vécu tombe à jamais dans l'oubli.

Les camps sur la plage, un exil espagnol
Autrement
La guerre civile espagnole de 1936-1939 a provoqué un exode massif de la population. Près d'un demi-million de personnes ont franchi la frontière pyrénéenne. Plusiers centaines de milliers de personnes ont été ainsi parquées, à partir de février 1939, dans les camps du sud de la France et dans des centres d'hébergement. Les souvenirs, relatés ici, des désillusions et des souffrances subies.

Les Fosses du Franquisme
Emilio Silva et Santiago Macias
Les Fosses du franquisme est un document indispensable pour comprendre les soubresauts de la société espagnole d'aujourd'hui et réaliser une lecture plus juste de ce que fut la guerre civile d'Espagne.
Emilio Silva et Santiago Macías, les deux auteurs, trempent leur plume dans une plaie qui n'est pas encore cicatrisée, celle de l'extrême brutalité du travail d'éradication de républicains ordinaires auquel s'est livré le franquisme pendant la guerre et au-delà, tout au long de la dictature. Ce livre nous révèle que toute la géographie espagnole porte les stigmates d'une lutte cruelle qui a fait plus de morts pour raisons de conscience que pour faits de guerre.
Plus de six cents charniers qui contiennent près de quarante mille corps parsèment encore les bas-côtés des routes, les collines, les puits, les précipices de la Péninsule, mais aussi des Baléares et des Canaries. Le travail d'éradication a été pensé dès la préparation du coup d'Etat de Franco. Il fallait non seulement faire peur, terroriser, pour marquer durablement l'ennemi. Mais il fallait surtout faire disparaître, au sens physique du terme, les instituteurs que la République avait formés, les avocats et les médecins des pauvres, les syndicalistes, les animateurs des cercles culturels, les fonctionnaires fidèles au gouvernement légal, les élus du Front populaire.
Les "vaincus" se sont d'abord tus. Les survivants ont contraint leurs enfants au silence pour leur épargner répression et humiliations. Les petits-enfants, qui n'avaient pour certains même pas dix ans à la mort du dictateur, ont commencé vers le milieu des années quatre-vingt dix une quête parfois strictement personnelle sur une histoire occultée. Et à l'ère d'Internet, ils ont basculé de l'intime au collectif. De l'espace familial à la sphère politique, ils ont porté sur la place publique le refoulé.
La génération d'Emilio et de Santiago n'a plus peur. Elle habite le passé et le présent espagnol sans complexe. Elle est fière d'être l'héritière des proscrits. Sur ses tee-shirts, elle arbore un slogan : Somos los nietos de los vencidos. "Nous sommes les petits-enfants des vaincus."

La terre dans la mémoire : 80 ans plus tard, l’Espagne recherche toujours ses disparus
Un article du site EQUAL TIMES, paru le 15 avril 2024
"Trois personnes travaillent en silence au-dessus d’un trou dans le sol. Certaines d’entre elles travaillent penchées, d’autres s’agenouillent et l’une d’entre elles s’allonge pour mieux travailler. Devant elles, une nature morte composée d’ossements. Bras, humérus, bassin et autres côtes émergent des profondeurs du sol. Plusieurs crânes aussi. De l’extérieur, on en voit pas moins de cinq. En dessous, il y en aurait au moins cinq autres. ..."

Du roman à la BD : le travail de mémoire sur le franquisme se poursuit en Espagne
Sur France Culture, le 11 avril 2024
Direction l’Espagne où l’on retrouve notre correspondante Marie-Hélène Ballestero. Elle nous parle aujourd’hui du travail de mémoire sur la Guerre civile espagnole et les années de dictature.
Ces derniers mois, plusieurs livres sont parus en Espagne sur la Guerre civile espagnole et les années de dictature. Le sujet n’est pas nouveau. D’ailleurs, en Espagne, nombreux sont ceux qui préfèrent ne pas parler de cette période de l’histoire, car ils ont l'impression que c'est toujours la même rengaine. Pourtant, pendant longtemps, personne n’a osé évoquer la guerre et la dictature de Franco. En effet, pendant près de 40 ans, la peur et une énorme chape de plomb ont paralysé le pays. Ce n’est qu’après la mort de Franco, en 1975, que les Espagnols ont pu sortir de ce silence et que les langues se sont déliées. Néanmoins, le chemin à parcourir est encore long en matière de mémoire. De fait, ce sont d’innombrables histoires encore enfouies que l’on voit surgir régulièrement, notamment dans les livres. Ces histoires intimes racontent surtout la répression subie par les Républicains espagnols et les vies brisées par la Guerre civile et la dictature.
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