Anne Sexton  1928 - 1974


"Figure majeure de la poésie américaine, Anne Sexton (1928-1974) est l’autrice d’une œuvre poétique composée de plus d’une dizaine de recueils précurseurs. Ses poèmes explorent des thèmes aussi divers que l’enfermement psychiatrique, la féminité et le corps, le désir, l’enfantement, la famille, l’amour, l’écriture…
Récompensée par le prix Pulitzer en 1967, elle se voit décerner des titres honorifiques dans de nombreuses universités, telles que Harvard, Colgate ou encore Boston. Rattrapée par ses maux, elle met fin à ses jours en 1974."

Livres traduits en français




Folie, fureur et ferveur - Oeuvres poétiques (1972-1975)


Anne Sexton (Avant-propos de Sabine Huynh)


« On croyait Anne Sexton à l’apogée de son art avec ses cinq premiers recueils, or, les trois qui sont inclus dans Folie, fureur et ferveur, bien que sensiblement différents en matière de forme, de contenu et de ton, et bien qu’écrits durant les dernières années de la vie de la poète, n’ont rien à envier aux premiers, car ils sont tout aussi denses, intenses et profondément introspectifs, tout en étant plus amples, car plus tournés vers l’extérieur : ils font véritablement entendre l’Amérique, et avec eux, Anne Sexton s’inscrit pleinement dans la constellation des grands poètes américains. » S. H.






Rencontre

le 30 janvier 2026

Transformations


Anne Sexton


Les contes de fées des frères Grimm réécrits par Anne Sexton avec espièglerie et humour noir. Loin du manichéisme ou de l’édulcoration de la violence prônée par Disney, Anne Sexton relit de manière personnelle et très intime Blanche-Neige, Rumpelstikskin, Raiponce, Les douze princesses qui dansent, Le prince grenouille, le fameux Petit chaperon rouge et d’autres contes qui ont bercé notre enfance. Les archétypes collectifs et la vie singulière d’Anne Sexton s’y entremêlent dans une narration très transgressive. Justesse et esprit face à la douleur psychologique sont au cœur de ce recueil qui a déjà touché des milliers de lecteurs aux États-Unis. Écrit en 1971, Transformations n’a pas perdu une once de son actualité et de sa pertinence pour questionner nos représentations sociales et imaginaires.



Tu vis ou tu meurs


Anne Sexton


Tu vis ou tu meurs est reconnu comme un chef-d’œuvre.
« Si l’exploration des liens de parenté occupe une place centrale dans la poésie d’Anne Sexton, sa nouveauté réside aussi, fondamentalement, dans la venue à l’écriture de l’autre relation qui a interrogé la psychanalyse, à laquelle la culture androcentrée s’est généralement peu intéressée, contrairement à la relation entre père et fille, entre père et fils, mère et fils : la relation des mères et des filles. Dès lors que le sujet lyrique se situe en tant que fille dans nombre de poèmes, de même qu’en tant que génitrice, l’œuvre entreprend doublement de pallier le silence qui a entouré les généalogies féminines » P.G.
Les quatre recueils présents dans cette édition sont traduits pour la première fois en français par Sabine Huynh, qui a fait de la traduction de l’œuvre d’Anne Sexton un projet de vie. Un cinquième recueil, intitulé Transformations, sera publié prochainement.



A propos de Anne Sexton (radio, vidéos, articles)


Folie, fureur et ferveur de la poétesse Anne Sexton


France Culture, le 27 mai 2025


Aujourd’hui, place à Anne Sexton (1928-1974), grande poétesse américaine, injustement méconnue en France et dont les derniers écrits sont enfin traduits. Avec nos invitées, Sabine Huynh, et Laurence nous explorons ses questionnements sur la mort, le mal et l’absence de Dieu.

Avec

  • Laurence Bécel, maîtresse de conférences en littérature états-unienne à Le Mans Université.
  • Sabine Huynh, poétesse, écrivaine et traductrice



Folie, fureur et ferveur, Œuvres poétiques (1972-1975), Anne Sexton


Un article de Didier Ayres (21/01/2025)


L’Emprise du poème

J’ai bu, si je puis dire, d’un seul trait ou presque, le recueil de la poétesse américaine Anne Sexton. Et cette poésie m’a semblé vive et presque irritante, surtout pas liquoreuse, mais entêtante et légèrement folle. Mais là, pas de vraie folie, de celle qui appelle les épithètes du QCM américain. Au contraire, tout est vie dans cet alcool cuit qui n’hésite pas à surprendre par son parfum fort, singulier et unique.

L’on a à faire dans ce travail de la langue, dans le style, à une poésie empirique, sourcée dans la reconnaissance d’un réel fuyant, d’une forme de déroute devant la difficulté de la vie. En crise devant la matière, qui tout aussitôt devient métaphysique par le génie de l’écrivaine. Elle habite au sens propre dans la demeure du poème, dans son emprise ...



Vidéo d'une soirée dédiée à Anne Sexton


La Maison de la Poésie, le 14 avril 2022


Avec Sabine Huynh & Patricia Godi Lecture par Dominique Reymond Rencontre animée par Francesca Isidori Lecture & rencontre Figure majeure de la poésie américaine, Anne Sexton (1928-1974) est l’autrice d’une œuvre poétique composée de plus d’une dizaine de recueils précurseurs. Prix Pulitzer en 1967, Tu vis ou tu meurs est reconnu comme un chef-d’œuvre. « Si l’exploration des liens de parenté occupe une place centrale dans la poésie d’Anne Sexton, sa nouveauté réside aussi, fondamentalement, dans la venue à l’écriture de l’autre relation qui a interrogé la psychanalyse, la relation des mères et des filles. Dès lors que le sujet lyrique se situe en tant que fille dans nombre de poèmes, de même qu’en tant que génitrice, l’œuvre entreprend doublement de pallier le silence qui a entouré les généalogies féminines » Patricia Godi


Sexton, une poétesse de la vulnérabilité


Un article de EN ATTENDANT NADEAU, le 8 juin 2022


Les éditions Des femmes nous offrent l’occasion de lire pour la première fois en français les œuvres poétiques d’Anne Sexton (1928-1974), dans une traduction de Sabine Huynh. Reconnue de son vivant dans le monde anglo-saxon, mais traduite tardivement, la poétesse « confessionnelle » américaine nous plonge dans le quotidien de la dépression et de l’asile. Son œuvre constitue néanmoins une preuve de la puissance des mots à construire, à relier et à réparer.

Tu vis ou tu meurs. Œuvres poétiques (1960-1969) propose une contemplation de l’être et de l’être dans le langage. À partir de la « matière brute de la dépression », Sexton y dessine des scènes qui racontent l’épreuve que constitue le fait d’être vivant. Elle compose à l’interstice entre la vie et la mort, depuis l’espace de la presque-mort, celui de l’asile, qui domine, même dans la description des environnements et des expériences les plus banales. Elle donne une voix à celles que l’asile – parfois symbolique, parfois littéral – enferme. Elle propose ainsi une voie de sortie, sans garantie d’issue véritable, comme semble l’indiquer le titre du recueil qui ouvre l’anthologie : « Retour partiel de l’asile » (1960) ...



Créations au féminin - Anne Sexton, Poète de la vie


Patricia Gody


Voici la traversée de l'oeuvre d'une figure majeure parmi les poètes dits "confessionnels" de Boston à la fin des années 50, autour de Robert Lowell et Sylvia Plath. Anne Sexton constitue une icône de la poésie écrite par les femmes aux Etats-Unis dans la deuxième moitié du XXe siècle. Après la naissance de ses deux filles, elle traverse une grave dépression. Encouragée à écrire par son psychiatre, elle se découvre un talent exceptionnel pour la poésie qui donnera sens à sa vie.



La désinsertion subjective


Un article de la revue LA CAUSE FREUDIENNE (2009/2 N° 72)


Il n’y a que la poésie, vous ai-je dit, qui permette l’interprétation. C’est en cela que je n’arrive plus, dans ma technique, à ce qu’elle tienne. Je ne suis pas assez poète », déclarait Jacques Lacan à son Séminaire en 1977, se posant ainsi la question d’un signifiant autre qui permettrait « aux gens qui viennent nous parler en psychanalyse » de ne pas « tout engloutir dans la parenté la plus plate », mais de tenter de s’orienter plutôt vers l’apparentement à un poète.

Anne Sexton a été autorisée à être poète par la relation transférentielle qui l’a liée à son thérapeute le Dr Martin Orne. Elle a commencé à écrire des poèmes au début de sa thérapie au milieu des années cinquante. Elle avait été hospitalisée auparavant pour une tentative de suicide. Dans un entretien évoquant ce passage d’une femme d’intérieur, « victime de l’American dream », selon sa formulation, vers le poète, elle dit : « La surface s’est fissurée quand j’avais environ vingt-huit ans. J’ai eu un écroulement psychotique et j’ai tenté de me tuer. […] C’était une sorte de renaissance à vingt-neuf. » ...