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Ecrivains combattants


Poèmes de la brèche


Maksym Kryvtsov


Ces poèmes, écrits depuis les tranchées, frappent comme des éclats d’obus : ils blessent, éclairent, réveillent. Ils disent les terribles souffrances et les modestes rêves des soldats. Ils capturent l’humanité des gens, révélant la beauté fragile de la vie même au cœur de la destruction.

Ils laissent une empreinte indélébile. Ils sont un testament littéraire. Maksym Kryvtsov, l’un des plus talentueux poètes ukrainiens de sa génération, est tombé pour sa patrie en janvier 2024, à l’âge de 33 ans.

Enrichi de ses photographies, de fac-similés de ses poèmes et de QR Codes permettant d’entendre la voix de l’auteur, ce recueil est un témoignage rare, à la fois intime et universel.

Un livre comme une brèche ouverte : sur la guerre, sur le monde, sur nous-mêmes — si nous osons regarder.



Nous étions là


Artur Dron


Tandis que les bombes pleuvent, que les soldats enterrent chaque jour de nouveaux camarades, que plus rien ne semble sacré si ce n’est les engins de mort… À quoi bon la poésie ?

C’est la question que soulève – et résout – chaque poème de ce recueil écrit au front, mais qui ne parle pas – directement – de la guerre.

Ces mots, glissés dans les interstices de la canonnade, témoignent de la dignité de ceux qui, dans leurs pires moments de déréliction, aiment plus qu’ils n’ont peur. De ceux qui étaient là, en Ukraine, et qui ne partiraient nulle part ailleurs.

Salué par le PEN Club ukrainien comme l’un des meilleurs livres de 2023, Nous étions là révèle une voix puissante et singulière : celle d’un poète, devenu soldat à 22 ans à peine.




Ecrivains combattants

Un article sur ces deux livres, paru dans "Solidarité à l'Ukraine résistante" n°46-01/03/2026


 

La vie à la lisière - Être ukrainien aujourd'hui


Tetyana Ogarkova et Volodymyr Yermolenko


« Pour des millions d’Ukrainiens, l’après-24 février 2022 est une rupture totale du temps. Nous avons été recrachés sur la rive d’une nouvelle réalité et nous réapprenons à respirer. »

La guerre affecte les catégories les plus fondamentales de l’existence : le rapport au temps et à l’espace, à la beauté et à l’amour, au foyer ou à la mort. Elle fait tout autant émerger de nouvelles notions, comme « l’après-vie », cette existence d’une personne qui a déjà tout perdu. Pourquoi cette période de destruction, d’extrême précarité individuelle et collective, remet-elle aussi en lumière la force de la confiance en son prochain ou le besoin de poésie ?
À partir de leurs allers-retours dans les zones de combat dévastées, des histoires qu’on s’y raconte, de leurs observations et de leurs rencontres, Tetyana Ogarkova et Volodymyr Yermolenko ont composé ce saisissant témoignage philosophique. Fenêtre sur le réel, ode à la littérature, il s’attache à comprendre et à transmettre les enseignements de la vie à la lisière, « cet endroit où la vie se bat avec acharnement pour se défendre et défendre chaque millimètre lui appartenant ».





Carnets


Missak Manouchian


Figure de la Résistance et du groupe de l’Affiche rouge, Manouchian est devenu un symbole. Mais que sait-on de sa personnalité avant la clandestinité, avant la guerre, avant l’Histoire ?
L’itinéraire de l’orphelin apatride, rescapé du génocide des Arméniens, était resté dans l’ombre, faute de sources. La découverte et l’exploration exhaustive de ses papiers personnels apportent un éclairage sur une personnalité méconnue. Dès l’adolescence au sein des orphelinats de Beyrouth, Manouchian n’a cessé d’écrire. Dans ses carnets et agendas de poche, il consigne rendez‑vous et lectures, mais aussi pensées, doutes, élans poétiques, réflexions intimes, en arménien comme en français.
Préservés des perquisitions de la Gestapo, transportés en Arménie soviétique par Mélinée Manouchian après 1945, puis longtemps secrètement conservés à Erevan, ces documents couvrent les années 1927-1939. Poèmes, lettres, listes de livres, notes sur l’art, la musique, la société, méditations sur la liberté et la justice, l’identité, les luttes sociales : ils dessinent un portrait sensible du lecteur passionné de Romain Rolland, Hugo, Baudelaire, Wilde… avant qu’il ne devienne résistant.
Cette édition présente l’intégralité de ces Carnets, pour la première fois traduits ou retranscrits, accompagnés de reproductions des originaux, d’un choix de poèmes et de souvenirs de contemporains. Cet ensemble inédit éclaire la formation intellectuelle et politique de Missak Manouchian et restitue, au-delà du personnage historique, la voix profonde d’un homme brûlant de savoirs qui veut dépasser sa condition d’exilé.




Mélinée et Missak Manouchian

Un dossier




La chambre d'Orwell


Jean-Pierre Perrin


Une plongée dans la fabrique de 1984 , le dernier chef-d'œuvre de George Orwell.

En mai 1946, George Orwell choisit de s'exiler dans une ferme à Jura, une lointaine île écossaise à deux jours de trajet de Londres. Dans cette demeure isolée, que l'on atteint après "une longue route" qui traverse l'île, il passera trois ans ; trois longues années durant lesquelles il s'attellera à rédiger ce qui sera son ultime chef-d'œuvre : 1984 .
 
Gravement atteint de la tuberculose, négligeant les avertissements de ses médecins, il se bat pour terminer ce roman avant d'être terrassé par la maladie. Sitôt le livre achevé, il quitte Jura, en janvier 1949, pour aller directement à l'hôpital où, épuisé, il s'éteindra un an plus tard, à l'âge de 46 ans.
 
Ce livre est le récit des dernières années de son existence dans la "splendide désolation" de ce petit pays entre les brumes, les pluies et les vents. Partageant ses forces entre l'écriture, les travaux des champs, la chasse et la pêche, il vit en quasi-autarcie avec sa sœur Avril, son fils adoptif Richard, une nounou et un ouvrier agricole unijambiste. C'est ce combat à la fois chevaleresque et romantique qui nous est livré dans cet ouvrage touchant et révélateur.




George Orwell,

« Robinson des mers glacées »

Note de lecture du site NONFICTION.fr




Volia - Engagée volontaire dans la résistance ukrainienne


Anastasia Fomitchova


« Volia », un mot ukrainien qui n’a pas d’équivalent en français mais qu’on pourrait traduire par “volonté» et “liberté”. Un mot qui incarne à lui seul la détermination de tout un peuple, et qui sert de fil rouge au récit qu’Anastasia Fomitchova nous livre ici.
En décidant de raconter son singulier parcours, celui d’une jeune femme prise dans la guerre, de témoigner de son engagement, de l’horreur qu’elle a vécue sur le champ de bataille, de redonner chair et corps aux disparus, de percer le blindage du silence et de l'innommable, Anastasia poursuit par les mots le courageux combat qu’elle a commencé aux premières heures de l'invasion russe.
Tout commence pour elle en 2016, deux ans après l’annexion de la Crimée, alors qu’elle est étudiante à Paris. Après la mort de ses amis, auprès desquels elle milite dans la diaspora, elle commence à accompagner des groupes de volontaires qui approvisionnent les unités militaires sur la ligne de front, à l'Est du pays. L’année suivante elle devient infirmière de combat bénévole. La guerre ne la quittera plus. En février 2022, deux jours après le début de l’invasion à grande échelle, elle retourne en Ukraine et participe à la défense de Kyiv, du front Est, et à la contre-offensive sur Kherson.
Plus qu’un récit sur la résistance ukrainienne, Volia est aussi une plongée historique dans les racines d’un conflit qui dure depuis plus d’un siècle. A travers son histoire personnelle et familiale, c’est l’héritage violent de l’URSS qui rémane : celui de l’Holodomor – la grande famine orchestrée par Staline qui a tué des millions d’Ukrainiens, en passant par les rouages de la nomenklatura soviétique à laquelle le grand-père d’Anastasia appartenait, sans oublier la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, qui a poussé sa mère à partir en France dans les années 1990.
Un récit poignant et terrible qui résonne comme une dette envers ceux qui se sont sacrifiés pour que l’Europe reste libre.





Comme il est bon de ne plus craindre la mort


Lara Marlowe


Lorsque Lara Marlowe rencontre pour la première fois la lieutenante Yulia Mykytenko en 2023, elle réalise immédiatement qu’elle se trouve face à l’une des personnalités les plus marquantes de ses quarante-deux années de journalisme.

Née à Kyiv en juillet 1995, Yulia Mykytenko a cofondé l’escouade féminine du 16e régiment des Forces d’autodéfense lors des manifestations d’Euromaïdan en 2013-2014, qui ont renversé le président prorusse Viktor Ianoukovytch. Mariée en 2015 au soldat Illia Serbin, elle a rejoint l’armée dès l’année suivante pour servir à ses côtés dans le Donbass. Elle commande aujourd’hui une unité de vingt-cinq hommes pilotes de drones sur la ligne de front.

Lara Marlowe livre ici un récit haletant, qui nous plonge au cœur de la réalité brutale du conflit actuel. Plus qu’un simple témoignage, ce livre s’apparente à un roman d’aventures – sauf que tout y est vrai : chaque page révèle la véritable nature de cette guerre qui redessine l’Europe sous nos yeux.



 

Ginette Kolinka, contre la haine


Muller Catel


Entretiens inédits et illustrés

À 19 ans, Ginette Kolinka est arrachée à sa vie pour être déportée à Auschwitz-Birkenau. Son père, son frère et son neveu y sont assassinés. Elle seule revient. Longtemps, elle se tait. Quarante-cinq ans de silence, puis un basculement : dire, raconter, transmettre... Ce livre, sous forme d'entretiens, donne à entendre une voix d'une clarté bouleversante. Ginette Kolinka y évoque la déportation, mais aussi les poisons toujours présents : le racisme, l'antisémitisme, le négationnisme, la haine politique. Son récit n'est pas une leçon d'histoire figée, c'est un cri contre l'oubli et l'indifférence. Chaque mot frappe juste. Chaque page interpelle. Lire ce témoignage, c'est comprendre que la mémoire n'appartient pas au passé : elle engage notre présent et notre avenir. C'est à l'initiative de la dessinatrice Catel Muller que ces entretiens ont vu le jour, portés par ses dessins qui prolongent la force du témoignage.





Sociobiographie


Didier Ebribon - Entretien avec Geoffroy Huard


Comment se forme une œuvre philosophique ? Et comment le parcours social d’un auteur influence-t-il son écriture et son rapport au champ intellectuel et politique ? Dans ce livre d’entretien avec l’historien Geoffroy Huard, Didier Eribon retraverse les grandes étapes de sa trajectoire et  de son œuvre : ses études et la lecture passionnée de Hegel, Marx, Sartre, Beauvoir, Genet ; ses débuts professionnels comme critique littéraire ; ses rencontres déterminantes avec Michel Foucault et Pierre Bourdieu, entre autres. Il revient sur les principaux thèmes explorés dans ses ouvrages depuis la fin des années 1980, de la réflexion sur la subjectivation minoritaire jusqu’à celle sur la vieillesse, en passant par la critique de la psychanalyse, la question des classes, la notion de transfuge…
Au fil des pages se tisse le portrait d’une des œuvres les plus singulières de notre temps, qui permet, en la réinscrivant dans les débats à l’intérieur desquels elle s’est développée, d’en saisir les principes fondamentaux et les enjeux. Comment comprendre l’articulation d’une vie individuelle au contexte social et culturel qui la façonne ? Cet ouvrage propose une nouvelle manière de répondre à cette question classique afin de dépasser les limites de l’autobiographie et de l’auto-analyse : la sociobiographie.



18/02/2026

Poésie d'Afrique au sud du Sahara - 1945-2025


Collectif (textes choisis et présentés par Bernard Magnier)


Par-delà les frontières, Bernard Magnier a réuni des textes écrits en français, traduits de l’anglais, du portugais, mais aussi du swahili, du peul, du haoussa, du yoruba, du pidgin-english, de l’afrikaans ou du créole cap-verdien et de bien d’autres langues africaines.

Les poèmes se côtoient, sans autre classement que l’ordre alphabétique du nom de leurs auteurs et autrices. Ils témoignent des convulsions du continent, dénoncent la dureté du quotidien, les furies des humains, les douleurs de l’exil mais ils célèbrent aussi la beauté, les amours, les engagements et offrent une écoute attentive aux bruissements du monde.

Des formes classiques ou empruntées à des modèles issus de la tradition jusqu’aux textes de la scène, des chansons et des slams, les voix se mêlent et tissent une mosaïque vibrante de l’Afrique subsaharienne d’aujourd’hui.




Rencontre avec

Bernard Magnier

et

Alain Mabanckou



Entretien avec

Bernard Magnier


Et la joie de vivre


Gisèle Pelicot


Le 2 septembre 2024 s’ouvre le procès de Mazan et la France découvre le visage de Gisèle Pelicot. Décidée à ce que « la honte change de camp », elle a voulu et obtenu que ce procès soit public. Son courage bouleverse le monde entier à mesure que l’horreur des crimes qu’elle a subis est  exposée au tribunal. Depuis le procès, elle qui n’a jamais pris la parole et est devenue un symbole mondial de la dignité des femmes a décidé de raconter son histoire avec ses propres mots. Elle veut transmettre un message d’espoir à tous ceux et toutes celles qui traversent des épreuves, comme à ceux et celles qui l’ont soutenue au cours de ces semaines d’automne 2024. Le récit ciselé et bouleversant qu’elle a écrit avec la journaliste et romancière Judith Perrignon dévoile l’histoire singulière et passionnante ainsi que les ressorts intimes de l’incroyable résilience de cette femme si secrète.




Gisèle Pelicot à

La Grande Librairie

  • Ecouter, voir ICI



Une note de lecture des

Inrocks


 

Deux femmes s’écrivent - Transformer nos épreuves en aventures


Annemarie Trekker


« Sociologue, je me suis intéressée au récit de vie, cette approche qui relie le social, le psychique et la grande histoire. J’ai très vite découvert que l’exploration de ces temps et de ces lieux d’où nous provenons influence notre présent et nos projets d’avenir.
Nous voyageons dès lors dans la vie, avec comme viatique un bouquet issu de nos héritages multiples. Ce livre propose de se pencher vers lui pour mieux les découvrir. »

Elles se rencontrent à Paris à l’occasion d’un stage consacré à l’écriture autobiographique. L’une vit dans les Ardennes belges, l’autre dans le Périgord. Une même communauté d’esprit les lie, un goût pour la lenteur et une méfiance instinctive pour l’agitation criarde.
Marie et Élise décident d’échanger par courriels tout au long d’une année pour revisiter leurs histoires personnelles, les épreuves et les aventures qui les ont transformées.
Peu à peu, leur dialogue devient un laboratoire, un espace de réflexion où leurs expériences prennent sens et ouvrent sur de nouveaux projets de vie.
À la croisée du témoignage et de l’essai, cet ouvrage invite chacun·e à se réapproprier son histoire et à découvrir la force des mots pour relever les défis.



 

Des départs sans au revoir

 

Léontine Gnipre - Propos recueillis par Inès Calstas

 

La vie de Léontine Gnipre est marquée par des départs inespérés, des décès soudains sans explications et des ruptures sans au revoir. C’est aussi l’histoire d’un parcours de migration à la recherche d’une vie meilleure. Les hommes ont une place privilégiée dans son récit. Ils sont beaux, gentils et protecteurs.

Léontine est ici et debout, malgré sa vie cabossée. Son rire et ses yeux pétillants donnent une profondeur à tout ce qu’elle raconte. Elle est vivante, elle est forte et elle nous entraîne dans les plantations de cacao, dans le port d’Abidjan, les discothèques de Madrid et les rues de Genève.



Inès Calstas

Entretien sur la RTS



Terre des sans-patrie


Mahmoud Soumaré


« Après l’ultime pluie, lorsque l’eau s’infiltrera sous l’arche des apatrides, nous partirons enfin.
Quand le vaisseau prendra le large, nous nous retournerons une dernière fois vers le Ravin et vers la métropole aux fumées et aux odeurs éternelles et nous aurons une dernière pensée pour nous-mêmes, en une dernière question : avons-nous eu une existence sombre ou une sombre existence ? »

Dans le Ravin, que d’autres appelleraient bidonville, Baba Mathus accueille les exclus, ceux qui n’ont ni acte de naissance ni nationalité. Ils forment une communauté bienveillante, à distance de l’Empire Extérieur et de ses travers. Lorsque des pluies diluviennes laissent cinq enfants orphelins, Madame Jeannette, une visiteuse captivée par la sagesse des Ravinois, endosse le rôle de mère protectrice. Mais le Ravin ne peut les protéger de la nature humaine et, bientôt, la famille est rattrapée par la cruauté de l’Extérieur.
Terre des sans-patrie donne une voix à ceux que l’on ne voit pas et dénonce habilement les maux qui minent presque toute l’Afrique, des séquelles du colonialisme au prosélytisme religieux, en passant par la corruption politique.




L'utopie du Ravin

Une note de lecture de

EN ATTENDANT NADEAU


Aller à La havane


Leonardo Padura


«La Havane est une ville qui, malgré tous ses défauts et ses lacunes, continue d’avoir une âme. Une âme à fleur de peau. »


Dans l’histoire de la littérature, certains écrivains sont indissociables d’une ville, de son contexte, de son passé, de ses odeurs, de toutes ses contradictions. Le lien entre le Cubain Leonardo Padura et La Havane, ville mythique traversée par des rêves et des révoltes tout autant que par la décadence et les illusions perdues, a toujours été d’une profonde intimité.
Mélange de chronique réaliste et de roman addictif, ce grand livre transforme les habitants de La Havane en personnages aux aventures incroyables, souvent terribles, parfois très drôles. On y découvre une ville malmenée par son passé révolutionnaire et ses fantômes illustres, toujours au bord de la destruction, mais toujours rescapée de l’Histoire ou du climat.
Aller à La Havane est une grande histoire d’amour entre un écrivain et sa ville. Leonardo Padura, ce formidable conteur, nous fait ressentir comment la réalité de La Havane défie toutes les fictions. Sous sa plume, La Havane est un roman.




Une note de

EN ATTENDANT NADEAU




Berbessa - Mes ancêtres colons


Michèle Audin


« Je n'avais jamais imaginé écrire l'histoire des colons de Berbessa - je ne les vois pas descendre de moi. Mais, et je n'y peux rien, je descends aussi d'eux. Ainsi sont mes ancêtres : une ouvrière en soie, une repasseuse, et des colons. »

Écrivaine et mathématicienne, Michèle Audin a publié des livres de littérature et d'histoire, sur les anonymes de la Commune, sur les oubliées de sa famille, sur son père Maurice Audin, assassiné par l'armée française en 1957. Berbessa est le lieu où se nouent son identité complexe et notre histoire collective, le village des destins croisés de la France et de l'Algérie en contexte colonial. 

Dans ce récit sans concessions, Michèle Audin poursuit son entreprise historique et littéraire : c'est à une autre écriture de soi en même temps qu'à une autre histoire de la colonisation qu'elle nous invite ici.


Présentation de l’éditeur

Michèle Audin est une mathématicienne qui écrit des livres de littérature et d’histoire. Elle est française, mais a grandi à Alger jusqu’à l’âge de douze ans. Ses parents étaient anticolonialistes, alors que ses ancêtres étaient colons. Ce livre est une enquête historique, sans être un ouvrage académique. Il interroge le passé familial, et pourtant, ce n’est pas une autobiographie. Berbessa est le lieu où se nouent l’identité complexe de l’autrice et notre histoire collective, le village des destins croisés de la France et de l’Algérie en contexte colonial.

Berbessa est le nom d’un village algérien, mais aussi celui d’un hameau des Landes. Cette superposition toponymique illustre la relation coloniale entre la France et l’Algérie : « Cette histoire, de Berbessa à Berbessa, est justement une de celles que je vais raconter. » C’est en faisant des recherches en ligne sur Berbessa, un peu au hasard, que l’autrice se lance dans une quête aussi intime que méthodique. À partir des registres d’état civil, de la presse d’époque et des souvenirs familiaux, elle remonte aux origines de la présence de ses ancêtres en Algérie. Dépliant les silences et les secrets de figures féminines oubliées, l’autrice traverse un siècle pendant lequel cette petite communauté croise la marche du monde.

Michèle Audin a déjà écrit sur l’histoire de sa famille, notamment sur la « vie brève » de son père Maurice Audin, assassiné par l’armée française en 1957. D’un récit à l’autre, sans concession, elle poursuit son entreprise à la fois historique et littéraire : c’est à une autre écriture de soi en même temps qu’à une autre histoire de la colonisation qu’elle nous invite ici.

« J’avais écrit le mot “apartheid”. D’autres me l’ont dit et répété, il n’y avait pas d’apartheid en Algérie. Mais voici la troisième réaction. Elle est arrivée dans un coup de fil de Smaïl, le fils d’amis de mes parents. Lui et son frère Youssef avaient à peu près mon âge, autour de six ans au moment dont je parle, vers 1960, et venaient souvent chez nous, le jeudi. Nous déjeunions ensemble, puis ma mère nous emmenait, Smaïl, Youssef, mon frère Louis et moi, à la piscine. Plus de cinquante ans plus tard, ce que Smaïl m’a dit, c’est : “Je détestais cette piscine parce que mon frère et moi étions les deux seuls Arabes.” Il n’y avait pas d’apartheid colonial. Aucun panneau n’indiquait que la piscine était interdite aux Arabes. Elle ne l’était d’ailleurs pas. »

« Les mots, les noms, ceux des lieux que j’ai croisés en écrivant ce texte, sont aussi liés à cette famille. Tipaza, un des premiers que j’ai écrits, est le nom d’un site romain, à l’ouest d’Alger, au bord de la mer, où nous allions souvent, tous ensemble, le dimanche. C’est aussi là que s’est déroulé mon dernier séjour en Algérie, pour un colloque de mathématiques à la fin d’octobre 2007. Il faisait très mauvais dans le ciel et sur la mer. Le temps crachait son écume sur les ruines. J’ai fait des photos de ce désastre et ce lieu me faisait tellement penser à eux que je les ai envoyées à Charlye et Christian avec un “devinez où je suis” – et ils n’ont pas trouvé. »

 



Voir la colonisation

Un article de

EN ATTENDANT NADEAU


Wake - L'histoire cachée des femmes meneuses de révoltes d'esclaves


BD de Rebecca Hall (texte) & Hugo Martinez (dessin)


Si les révoltes d’esclaves sont connues, le rôle qu’y ont joué les femmes a souvent été invisibilisé. Petite-fille d’esclaves, juriste et historienne, Rebecca Hall dévoile la trajectoire oubliée de ces femmes qui ont pris la tête de révoltes à bord des bateaux négriers, mais également sur le territoire américain, au XVIIIe siècle. Menant un travail de recherche approfondi dans des archives aux États-Unis et au Royaume-Uni, elle a étudié d’anciens dossiers judiciaires, des journaux de bord de capitaines ou encore nombre de correspondances. Entre ces histoires mises en lumière est intercalée la trajectoire personnelle de Rebecca Hall, celle d’une vie vécue dans le sillage de l’esclavage, et le récit des difficultés qu’elle a rencontrées pour enquêter sur le sujet.


Illustré avec puissance et éloquence, Wake explore les pans occultés d’un héritage douloureux et souligne à quel point le passé, bien que lointain, ne cesse de résonner, jusqu’à aujourd’hui.


Savant mélange de recherche historique, de mémoire intime et de récits fictifs, servi par de puissantes illustrations noir et blanc, "Wake" est un tour de force qui met en lumière le rôle crucial joué par les femmes dans les révoltes d'esclaves à bord des navires négriers mais aussi sur le territoire américain au XVIIIe siècle. Un colossal travail de dévoilement de l'action primordiale de ces femmes qui a toujours été reléguée dans l'ombre de l'histoire officielle.





L'autre côté de l'inceste : à la rencontre des enfants agresseurs


Sarah Boucault


Souvent minimisé, assimilé à du « touche-pipi », l’inceste commis par des enfants est un sujet tabou et pourtant massif. Depuis quatre ans, la journaliste Sarah Boucault, elle-même concernée, œuvre pour sortir ces violences systémiques de l’ombre.

Dans l’optique de comprendre et de se réparer, elle est allée à la rencontre de ces frères et de ces cousins qui ont agressé sexuellement ou violé un autre enfant de leur famille. Sarah Boucault entremêle leurs vécus avec sa propre histoire familiale et les observations des rares professionnel·les qui les prennent en charge.

Une enquête journalistique inédite et salutaire.







Toutes les époques sont dégueulasses - Ré(é)crire, sensibiliser, contextualiser


Laure Murat


Depuis quelques années, un malaise s’est installé dans la culture contemporaine. Ici on récrit des textes classiques ou certains best-sellers pour les purger du racisme et du sexisme, ailleurs on en appelle à une surenchère de contextualisations.

Et si la question qui sous-tend ce vaste débat était mal posée ? S’il s’agissait, dans bien des cas, d’argent et non d’éthique ? Et si la censure n’était pas du côté qu’on

croit ? Et si les précautions prises à tout contextualiser produisaient à terme un effet pervers ?

À l’aide de quelques exemples, Laure Murat tente de rebattre les cartes d’une polémique qui, à force d’amplifier, brouille les vrais enjeux de la création et de sa dimension politique.



Qui se ressemble

 

Agnès Desarthe

 

« Tu es ma vie, chante la femme à l’épaisse chevelure noire maintenue en un chignon gonflé. Elle a un mouchoir à la main, comme ma grand-mère, des lunettes fumées, comme ma grand-mère, elle parle arabe, comme ma grand-mère. »

 

1956, Besançon : un jeune homme venu d’Algérie découvre la France.

 

6 octobre 1973, Paris, jour de Kippour : une enfant comprend confusément qu’une guerre vient d’éclater.

 

Au fil du texte, la chanson Enta Omri d’Oum Kalsoum devient fil d’Ariane : une musique-mémoire pour dire l’exil, la langue, la transmission, la traduction – et ce « douanier » imaginaire qui laisse passer les mots mais retient la culture. Avec une justesse éblouissante, Agnès Desarthe signe un récit la fois intime et ample où la musique ouvre les portes du passé et éclaire la complexité d’une appartenance.


 


 

Mimésia


Hugues Nicol


Dans un futur lointain, l’empire aux mille planètes est devenu réalité et les différentes civilisations extraterrestres cohabitent dans un monde devenu universel. Sur terre, la culture s’est uniformisée, standardisée pour plaire au plus grand nombre, une culture aseptisée et digérée par une IA surpuissante. Par ailleurs, une police culturelle traque impitoyablement les œuvres du passé afin de les conserver en sécurité dans un endroit hors de portée du commun.
Un groupuscule d’activistes tente de soustraire ces chefs d’œuvres artistiques pour montrer qu’il existe une autre forme de culture… alors qu’ils sont poursuivis par les forces de l’ordre, ils cachent un buste de jeune femme du XV
e siècle. Celle-ci est découverte par un robot, simple professeur de sport au collège qui, contre toute attente, troublé par cette œuvre d’art, décide de ne pas la rendre et de la protéger. Il devient alors un fugitif…

Hugues Micol nous livre une réflexion très actuelle dans ce récit qui mêle la mainmise de l’IA sur la création, une action débridée et drôle, et mille références à la pop-culture.
Dessinateur et illustrateur hors pair, Hugues Micol fait vivre ce monde du futur avec virtuosité dans des pages en couleurs directes spectaculaires !


La fiche de la BD



Un monde différent ?

Une note du site ENTRELESLIGNESENTRELESMOTS




L'envol de la mémoire


Myriam Spira


Betty, résistante, a vingt et un ans lorsqu'elle est arrêtée à Bruges, en mars 1942, pour avoir dissimulé un poste émetteur clandestin. Elle est déportée au camp de Ravensbrück puis de Mauthausen. Joseph, juif et résistant, est arrêté quelques mois plus tard, Gare du Midi à Bruxelles, et déporté à Auschwitz-Birkenau. C'est après leur libération, à bord d'un train de la Croix-Rouge, que Betty et Joseph se rencontrent. Cinq enfants grandissent dans l'ombre de ce couple singulier, beau et meurtri. Cinq enfants pour reconstruire une famille décimée, celle de Joseph, dont le père et les quatre frères et soeurs ont été assassinés dans les camps.

Petite, Myriam Spira écoutait ses parents raconter : la faim, le froid, les souffrances, la douleur des expériences médicales. Mais aussi leur combat pour la vie, l'espoir de retrouver une existence normale. Cet héritage douloureux imprègne l'âme des enfants qui connaîtront le mal-être existentiel, et la difficulté à devenir parents à leur tour. Autant de symptômes d'une transmission souvent indicible.

Myriam Spira nous offre le récit rare d'une « deuxième génération », l'histoire de sa vie déportée dans les souvenirs de ses parents, mais aussi de sa reconstruction : à quarante-six ans, grâce à une volonté féroce, elle obtient sa licence de pilote privé et part seule survoler les camps, pour comprendre, maintenant adulte. Et raconter à son tour.

Un récit bouleversant.




La Shoah.

Une traversée de

la souffrance

Une note de lecture dans

Les carnets

et les Instants