Littérature d'Ukraine - Solidarité avec les peuples d'Ukraine


Des articles, des documents, des entretiens

"Pour retrouver la mémoire"


Un entretien avec Sofia Andrukhovych sur le site EN ATTENDANT NADEAU (10/03/2026)


Romancière ukrainienne très populaire dans son pays, Sofia Andrukhovych vit à Kyiv, la capitale qu’elle n’a pas voulu quitter en 2022. Son grand roman Amadoca, traduit en une vingtaine de langues, a été publié en Ukraine en 2019, c’est-à-dire avant l’invasion russe de 2022. Le premier volume paraît ce mois de mars aux éditions Belfond, dans une belle traduction d’Iryna Dmytrychyn. Il raconte comment la femme d’un soldat ukrainien gravement blessé dans la guerre du Donbass veut lui rendre la mémoire. Le corps et le visage ravagés, l’homme ne se souvient de rien, pas même de son identité. Il ne l’entend pas ...




 

"Ce que la guerre fait à la langue"


Un entretien avec Luba Yakymtchouk sur le site NONFICTION.fr (08/03/2026)


La poétesse ukrainienne Luba Yakymtchouk, dont les « Abricots du Donbass » viennent d’être traduits en français (en 2023), nous parle de ce que la guerre et l’impérialisme font à la langue – et inversement.


Née en 1985 dans le Donbass, la poétesse, dramaturge et scénariste ukrainienne Luba Yakymtchouk, dont l’œuvre a été traduite en vingt langues et saluée par de nombreux prix aussi bien en Ukraine qu’aux États-Unis, a publié en 2015 un recueil particulièrement marquant : Les Abricots du Donbass. Sorte de réponse poétique à l’invasion de sa région natale et à la destruction de sa maison familiale par la Russie et ses complices « séparatistes », ses poèmes disent la permanence du désir, de l’émerveillement, et même de l’esprit d’espièglerie, malgré la guerre.


À l’occasion de la parution, aux éditions Des femmes, de la traduction du recueil par Iryna Dmytrychyn et Agathe Bonin, Luba Yakymtchouk a bien voulu accorder un entretien à notre contributrice Nikol Dziub. Elle nous y parle, d’abord, de ce que la guerre fait à la langue – et, inversement, de ce que la langue fait de la guerre. Elle nous y dit, aussi, sa conviction qu’un grand poète, ou une grande poétesse, est d’abord un modèle d’humanité. Enfin, évoquant sa propre expérience de la résistance à l’impérialisme aussi bien militaire que linguistique et culturel, elle nous rappelle que, si la poésie est un outil si efficace de lutte contre la cruauté, le mensonge et la désinformation, c’est parce qu’elle dresse notre oreille à distinguer, dans les discours ambiants, ce qui sonne juste de ce qui sonne faux ...



La dignité face à la tyrannie : la lutte des Ukrainiens continue


Un article de Oleksandra Viatcheslavivna Matviïtchouk (site GRAND CONTINENT, le 08/03/2026)


Oleksandra Viatcheslavivna Matviïtchouk, née le 8 octobre 1983 à Boïarka, est une avocate et militante ukrainienne pour les droits de l'homme. Elle dirige l'ONG Centre pour les libertés civiles, qui reçoit le prix Nobel de la paix en 2022 ...


 


Taras Bilous : épuisement, négociations et la menace d’une mauvaise paix pour l’Ukraine - Un socialiste ukrainien est parti en guerre


Un socialiste ukrainien est parti en guerre. Voici ce qu’il pense de la paix [un article paru le 24/02/2026 sur le site Europe Solidaire Sans Frontières]

 

Quatre ans après l’invasion russe à grande échelle, Taras Bilous — historien socialiste, rédacteur de la revue Commons : Journal of Social Criticism et soldat dans les forces armées ukrainiennes — livre une analyse lucide des perspectives de paix. Bilous soutient que si la société ukrainienne, y compris l’armée, est de plus en plus favorable à un gel du conflit, les négociations menées par Trump se sont avérées contre-productives, cédant du terrain à la Russie sans obtenir de concessions significatives. Il met en garde contre un mauvais cessez-le-feu — notamment s’il implique la cession du Donbas non occupé — qui déstabiliserait la société ukrainienne et renforcerait l’extrême droite. Pour Bilous, les véritables garanties de sécurité résident non dans des accords écrits mais dans la capacité militaire de l’Ukraine et les lourdes pertes subies par la Russie ...




Cuba et Alaska


Un film de Yegor Troyanovsky, diffusé par Arte et disponible jusqu'au 01/08/2026 sur ARTE.tv


"Cuba" et "Alaska", deux amies infirmières sur le front ukrainien, se distinguent par leur humour ravageur. Comme tous les soldats sur le champ de bataille, elles perdent au fil du temps le contact avec leurs amis, leurs familles et leur ancienne vie. Profondément marquées par la guerre, pourront-elles un jour retrouver la vie qu'elles menaient auparavant ?


Blaguer sous les bombes
Comment deux jeunes femmes "ordinaires" qui adorent la musique, la fête, les tatouages, la mode, la rigolade entre potes, se transforment-elles en soldates aguerries, capables de blaguer sous les bombes, mais aussi de calmer, soigner, rassurer dans des situations extrêmes ? Comment garder courage et humanité quand chaque journée s'ouvre par la mort et la destruction, quand les êtres les plus proches sont touchés à leur tour ? Dans ce portrait brut et intime de deux copines sur le front, rythmé par leurs playlists pêchues autant que par le fracas des armes, Yegor Troyanovsky n'apporte pas de réponse. Mais au travers du lien indéfectible qui unit Cuba et Alaska, il restitue la précarité et l'intensité propres au temps de la guerre, tout en célébrant la résistance de son peuple et l'amour de la vie. "Nous faisons tous partie de l'histoire. Et on ne peut pas arrêter l'histoire. Cette guerre engloutit tout. C’est sans fin. Même s’il y avait une soi-disant 'fin', cela a été trop loin, commentait-il avant de rejoindre le front à son tour, une fois son film achevé. Mais j'espère que le public comprendra l’importance de ce qu'accomplissent les deux protagonistes, et qu’il y a encore de la joie de vivre en Ukraine."


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"Babi Yar" : un chant poignant sauvé de l’abîme


Un article paru sur le site Solidarité Ukraine Belgique, le 30/09/2025


Les 29 et 30 septembre, les communautés juives d’Ukraine commémorent le 84e anniversaire du massacre de Babi Yar. Ce jour ravive la mémoire des événements et rappelle à quel point l’avenir démocratique de l’Ukraine est lié à la lutte contre l’antisémitisme et contre toute idéalisation du rôle joué par l'extrême-droite nationaliste ukrainienne au cours du XXe siècle. Loin d’être une question d’histoire confiée aux délibérations des cercles académiques ou dont le débat public serait renvoyé prudemment à l’après-guerre, la mémoire qui se construit autour de Babi Yar est une épreuve décisive pour l’ensemble de la société ukrainienne aujourd’hui, pour sa lutte contre l’invasion russe, pour l’édification d’une nation capable de mettre en commun l’apport de chacune de ses composantes dans un double combat contre l’impérialisme russe et contre la droite nationaliste. Sur ce point, je partage l’opinion du cinéaste

S. Loznitsa qui déclarait en 2022 dans une interview sur son film « Babi Yar –Contexte » : « La résonance de l’événement aujourd’hui est simple : je dirais que le sort de ce pays dépendra de la manière dont les politiques vont se positionner par rapport à lui » ...




Le poème (1961)

Babi Yar

de

Evgueni Evtouchenko



Premières classes


Documentaire de Kateryna Gornostai


En Ukraine, maintenir les écoles ouvertes est devenu un acte de résistance. Sur la ligne de front ou dans des zones plus reculées, l’apprentissage continue malgré les alertes, les coupures d’électricité et les menaces constantes. Un témoignage précieux où chaque image raconte la ténacité et la dignité face au chaos.


Et aussi un entretien avec une enseignante ukrainienne "Comment travaillent les
enseignant.es ukrainien.nes à 60 kilomètres du front"


"Les Journées de juillet"


Un numéro spécial de "Soutien à l'Ukraine résistante" (n° 41 - 11 août 2025) - Editions Syllepse


Le 22 juillet 2025 la majorité des députés ukrainiens, soutenus par le président Volodymyr Zelinsky, votaient une loi supprimant l'indépendance des organismes anti-corruption.

Malgré la loi martiale, des milliers d'Ukrainiens, et principalement les jeunes, se sont mobilisés jusqu'à obliger les députés à se déjuger.


Dans ce numéro, des témoignages et des analyses sur la Révolution des cartons durant les Journées de juillet 2025.





"Les communautés de lecture en Ukraine sont devenues extrêmement influentes"


Mariana Savka, écrivaine ukrainienne, dans un entretien avec le projet « People of Change with Lesya Vakulyuk » sur Espresso (3 août 2025) - Traduction sur le site ENTRELESLIGNESENTRELESMOTS.



« Que lisent les Ukrainiens ? Ils lisent de manière très différente et choisissent une littérature variée. J’ai constaté une baisse significative du segment de la littérature jeunesse ; cette tendance est observée non seulement en Ukraine, mais aussi dans le monde entier. D’une part, cela est dû à la profonde crise démographique que nous traversons actuellement. D’autre part, les technologies numériques ont un impact : gadgets, jeux, contenus numériques, qui aujourd’hui détournent l’attention des enfants et des adolescents, et dans cette lutte pour l’attention, les livres sont souvent perdants », a-t-elle déclaré ...




 

Projection exceptionnelle du dernier film d’Igor Minaev « Isolation » 


Le 5 décembre 2024 à 20h30 à l’Espace Saint Michel, 7 Place Saint Michel – 75005 Paris


Projection organisée par Ukraine Combart et le Comité Français du Réseau Européen de Solidarité avec l'Ukraine


La projection sera suivie d’un débat avec  Igor Minaev, réalisateur dont nous avions projeté en 2023 « La cacophonie du Donbass », et Vadim Sher, compositeur de la musique du film.




Travailleurs de la résistance. Les classes populaires ukrainiennes face à la guerre


Saburova Daria


Contre les attentes de Kremlin, l’Ukraine continue à présent à résister efficacement aux forces d’occupation. Si le rôle de la mobilisation populaire, à travers les innombrables initiatives bénévoles qui ont parsemé le pays, a souvent été souligné, nous ne disposons encore que de peu de travaux sur son organisation concrète. En s’appuyant sur une enquête, ce livre s’intéresse à la manière spécifique dont les hommes et les femmes des classes populaires, souvent russophones et anti-Maïdan, s’engagent dans le mouvement de solidarité avec l’armée et les populations civiles touchées par la guerre. Comment s’organisent-ils face à l’agression russe, quelles sont leurs motivations, leurs préoccupations, leurs activités et leurs modes de fonctionnement ? Quel est le degré d’autonomie de leurs initiatives et quels rapports entretiennent-elles avec l’État et les pouvoirs locaux, les partis politiques, les syndicats, les ONGI et les organisations des classes moyennes et supérieures ?



Mon 24 février à Kharkiv


Souvenirs de sa première journée de guerre d'un conducteur de trolleybus à Kharkiv


Ce texte a été publié dans le livret numéro16 des Brigades Editoriales de Solidarité. Sous ce nom, des maisons d’éditions et des revues, tant françaises qu’étrangères, se sont réunies et ont publié à ce jour plus de 1 700 pages d’informations et d’analyses sur l’Ukraine, la Russie, la Biélorussie et les réactions dans différents pays. Ces livrets sont en accès libre ICI.



 

Le destin ukrainien de La ferme des animaux de George Orwell


Un article de Patrick Le Thréhondat, paru le 24 juillet 2023 sur le site ENTRELESLIGNESENTRELESMOTS


"Lorsque George Orwell achève en novembre 1944 l’écriture de La ferme des animaux, il ne pouvait pas imaginer que trois années plus tard son plus fervent lectorat se trouverait parmi les Ukrainiens internés dans les camps de personnes déplacées (PD) en Allemagne. Malheureusement, nombre des exemplaires de son livre en ukrainien sont saisis par les autorités militaires américaines et remis aux Soviétiques.

Après avoir passé des années à travailler son manuscrit, George Orwell a eu du mal, en 1945, à trouver un éditeur pour La ferme des animaux car la satire anti-stalinienne n’était pas la bienvenue à une époque où l’Occident s’est allié à Staline pour combattre Hitler. Pour ajouter à ces difficultés, un V1 allemand s’abat sur la maison d’Orwell, alors que celui-ci par chance s’est rendu chez un ami à Greenwhich. Cependant, le manuscrit est miraculeusement sauvé des décombres. Enfin au terme de nombreux refus essuyés par Orwell, un éditeur britannique, Secker and Warburg, accepte de publier le livre à 4 500 exemplaires, un nouveau tirage sera ensuite rapidement nécessaire. Plus tard, une maison d’édition américaine prend le risque de l’éditer. Et enfin, une maison d’édition monégasque le publiera ensuite en français. Dans un premier temps, le titre prévu est L’Union des républiques socialistes animales, URSA, mais il n’est pas retenu de peur de déclencher l’ire stalinienne, Les Animaux partout ! est finalement choisi..."


  • L'intégralité de l'article ICI

La vie quotidienne à Odessa


Un article paru en Français sur le site ENTRELESLIGNESENTRELESMOTS le 26/02/2023


Tout au long du mois d’octobre et avant les attaques massives à la roquette de la Russie qui ont marqué le 15 novembre comme un autre tournant dans la vie quotidienne d’Odessa, diverses parties de la ville ont dû faire face à des pannes aléatoires qui duraient généralement plusieurs heures. En se promenant dans n’importe quelle partie de la ville le soir, un pâté de maisons d’un quartier semblait complètement obscur, alors que le pâté de maisons suivant disposait de la lumière. Pendant ce temps, l’administration régionale d’Odessa et l’administration nationale ont fréquemment recommandé aux habitants d’économiser l’électricité pour aider les autres villes ukrainiennes victimes de coupures de courant à la suite des tirs massifs de roquettes russes dans tout le pays en octobre, notamment ceux qui ont touché le centre de Kiev le 10 octobre. Moins de trams circulaient dans les rues, tandis que les piétons, les automobilistes et les chauffeurs de bus apprenaient patiemment à cohabiter sur les routes en l’absence de feux de circulation et de feux pour piétons. Malgré les circonstances, les habitants d’Odessa se sont adaptés






L’EHESS et Mediapart s’associent et proposent une série de vidéos pour mieux comprendre l’agression russe contre l’Ukraine


Pour aider à comprendre la situation,

Un an après l’agression massive de la Russie contre l’Ukraine (le 24 février 2022), l’EHESS s’associe à Mediapart pour donner la parole à des chercheuses et chercheurs de l’EHESS sous forme de grands entretiens vidéo [18 à 20 mn]  : « Ukraine, Russie : vivre la guerre ».

 

  1. « Aux sources de la résilience ukrainienne », avec Ioulia Shukan
  2. « Ukraine, Russie : une histoire de réfugiés et d’exilés », avec Catherine Gousseff 
  3. « Les services publics à l’épreuve des bombes russes », avec Sophie Lambroschini 
  4. « La Russie entre résignation et résistance », avec Françoise Daucé
  5. « En Ukraine, une économie en guerre », avec Ivan Savchuk